pleine de dangers, par suite de l’absence très fréquente de compétiteurs et
d’ennemis naturels susceptibles de limiter leurs effectifs. Leur acclimatation
est de ce fait suivie d’une alternative : ou bien ils n’arrivent pas à prendre
pied et disparaissent rapidement sans faire souche, étant en quelque sorte
« étouffés » par le milieu ; ou bien ils réussissent pleinement, prolifèrent et
deviennent alors des « pestes ». Leur succès explosif tourne à plus ou moins
longue échéance à la catastrophe pour les habitats naturels, pour les
animaux et les végétaux autochtones, et souvent même pour l’économie
humaine.
Le succès des animaux introduits s’explique de différentes manières.
L’espèce transportée par l’homme peut faire irruption dans une biocénose
où une niche écologique susceptible de lui convenir est vacante, donc
occupée immédiatement et sans peine. Elle peut également se comporter
comme un compétiteur plus robuste et mieux armé que les homologues
autochtones qui se trouvent ainsi éliminés. Elle peut enfin être un prédateur
vis-à-vis duquel les espèces indigènes, constituant les proies, se trouvent
désarmées. Notons d’ailleurs que la plupart du temps les espèces introduites
font preuve d’une grande souplesse écologique et ne s’établissent pas dans
la niche écologique que les responsables de l’acclimatation espéraient leur
voir occuper. Elles modifient souvent leur mode de vie, notamment en ce
qui concerne leur régime alimentaire
163
. Ce changement, souvent en rapport
avec des conditions écologiques différentes, peut aussi résulter de
modifications génétiques, en raison du nombre relativement réduit de
géniteurs introduits, ce qui entraîne une redistribution du patrimoine
héréditaire
164
.
Les acclimatations tentées dans les temps anciens ont été renouvelées à
maintes reprises dans les temps modernes. Avec de nombreuses
introductions involontaires, elles ont accentué le déséquilibre consécutif à
d’autres facteurs, et provoqué la ruine de certaines communautés naturelles.
Peu ont été bénéfiques à l’homme, excepté celles de quelques végétaux, les
méfaits se manifestant d’une manière très variée. Quelques-unes de ces
acclimatations seront évoquées à titre d’exemples pour avoir une vue
d’ensemble de la situation actuelle
165
.
1. Transport et acclimatation de végétaux
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