Comme s’il voulait parfaire la création, l’homme a transporté
délibérément plantes et animaux à travers le monde, soit pour satisfaire un
plaisir sentimental en reconstituant les communautés naturelles familières
de la patrie lointaine d’où il avait émigré, soit pour augmenter la
productivité des régions où il s’est établi.
À côté de ces tentatives, certaines déjà anciennes, il convient de ne pas
oublier l’introduction des animaux domestiques, susceptibles de provoquer
des ruptures d’équilibre analogues à celles dont sont responsables les
animaux libérés à l’état sauvage ; leur impact est même plus grave encore,
car l’homme les protège artificiellement contre toute compétition réelle.
À ces actions délibérées de l’homme, il faut ajouter les transports
involontaires, que l’accélération et l’augmentation du volume du trafic dans
les temps modernes ont rendus beaucoup plus fréquents. Ils concernent plus
particulièrement les végétaux sous forme de semences et les animaux de
petite taille. Les séquelles de ces acclimatations véritables sont parfois
incalculables.
L’homme s’est tout d’abord préoccupé de l’introduction d’oiseaux et
de mammifères, et depuis longtemps on en connaît les conséquences
spectaculaires ; l’introduction d’éléments de la microfaune, dont le rôle
biologique est fondamental, a de ce fait été négligée.
Sans entrer dans le détail de ces opérations, il faut signaler
l’importance du transport et de l’introduction des micro-organismes du sol.
Les terres sont caractérisées par un équilibre entre des millions de végétaux
et d’animaux microscopiques ou de très petite taille ; leur fertilité et leur
stabilité en dépendent d’une manière très directe. Or par le transport de
végétaux et de la terre qui les accompagne, l’homme a, sans même s’en
rendre compte, introduit des éléments exogènes, dont la prolifération a pu
modifier profondément les équilibres pédologiques. Cela est vrai dans le cas
des Nématodes et même dans celui des Lombrics, les vulgaires « vers de
terre », qui jouent un rôle dans la transformation des sols.
Les animaux et les végétaux occupent dans leur milieu d’origine des
niches écologiques bien déterminées et se trouvent en équilibre avec les
autres éléments de la biocénose. Leurs populations sont contrôlées par les
effets de la compétition et de la prédation. En revanche leur introduction
dans une biocénose nouvelle, où ils sont étrangers, est le plus souvent
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