Les radiobiologistes sont cependant beaucoup moins optimistes quant
aux effets nucléaires qu’il y a peu de temps. L’augmentation de la
radioactivité est déjà plus élevée que prévu à travers le monde,
particulièrement dans l’hémisphère Nord. Les retombées de produits
radioactifs, notamment de strontium 90, ont entraîné une concentration dans
divers aliments tel le lait. La teneur de certains organes humains, surtout les
os, en radio-isotopes artificiels, a tendance à augmenter, comme l’ont
montré les mesures faites sur les dents de lait des enfants aux États-Unis
(« Baby Tooth Survey » organisé par le Saint Louis Committee for Nuclear
Information).
Telles sont donc très brièvement esquissées les menaces de la pollution
atomique, celle qui comporte les plus grands risques pour la survie de
l’espèce humaine.
Nous espérons que l’homme saura éviter la catastrophe d’une
utilisation guerrière de l’énergie formidable à sa disposition depuis que la
première bombe atomique – un « pétard » à côté des engins actuels – a
explosé le 6 août 1945. Car alors le problème de la place de l’homme dans
la nature ne se poserait vraisemblablement plus…
Le danger cependant change d’échelle au moment où se généralise
l’utilisation industrielle de l’énergie nucléaire. La fission atomique
constitue le plus sérieux espoir de l’humanité, au moins à court et moyen
terme, alors que les autres ressources d’énergie s’épuisent d’une manière
alarmante, situation encore aggravée par les effets de facteurs politiques. Si
les programmes de développement nucléaire des divers pays devaient se
poursuivre au rythme actuel, ce qui est probable étant donné les
circonstances et l’inertie de nos économies, les dangers de la pollution
atomique augmenteront d’une manière accélérée.
Mettons à part les accidents possibles, consécutifs à une explosion
nucléaire ou à des fuites dans les réacteurs de divers types en usage.
L’industrie atomique est une des plus fiables. Au moment même où
l’homme a commencé à maîtriser la puissance de l’atome, à la libérer d’une
manière contrôlée, il a pris conscience des dangers de cette nouvelle forme
d’activité. Mais des accidents sont toujours possibles, comme dans toute
industrie, et leurs conséquences seraient infiniment plus graves que dans
une raffinerie ou une usine sidérurgique.
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