radioactifs
160
. Cela explique que l’on ne peut déverser de grandes quantités
de produits radioactifs au niveau des zones de pêche intensive.
Des phénomènes de concentration de ce type existent également le
long des chaînes alimentaires dont les oiseaux aquatiques représentent le
sommet, notamment en ce qui concerne le phosphore. Dans la rivière
Columbia, un isotope de cet élément (phosphore 32
161
) a passé d’une
concentration de 1 dans l’eau à 35 chez des Invertébrés aquatiques
(Crustacés, Insectes), à 7 500 chez des Canards et 200 000 dans les œufs de
ces derniers (la jaune est très riche en phosphore, qui en contient 2 millions
de fois plus que l’eau de la rivière)
162
.
Les Procellariiformes – Albatros, Pétrels et Puffins – seraient
éventuellement eux aussi très sensibles aux pollutions des mers par
retombées radioactives ou déchets déversés imprudemment. Ces oiseaux
sont en effet essentiellement planctonophages, et nous avons vu que le
plancton est capable de concentrer d’une manière massive divers corps
radioactifs. Les ornithologues se sont émus des explosions atomiques qui
ont eu le Pacifique pour théâtre, toutes se trouvant sur les voies de
migration du Puffin à bec grêle Puffinus tenuirostris qui décrit une boucle
immense à travers tout cet océan, de la Tasmanie au détroit de Béring et à la
Californie.
Bien que les chaînes alimentaires terrestres soient moins sensibles que
celles qui déroulent leurs maillons dans les eaux, on peut néanmoins y
observer des concentrations de ce type. C’est le cas de divers isotopes de
l’iode, que leur faible durée de vie rend heureusement moins dangereux.
Des troubles importants peuvent survenir par suite de la contamination
d’herbages sur lesquels paissent des Vaches laitières, entraînant, dans le lait,
une concentration importante des corps radioactifs, en particulier du
strontium 90, menace très sérieuse pour l’alimentation humaine et
spécialement celle des enfants. D’après des observations faites notamment
en Grande-Bretagne et aux États-Unis, une partie des corps radioactifs
retombés sur le sol est absorbée par les plantes fourragères au niveau des
racines ; une autre tombe sur les plantes elles-mêmes et est ingérée
directement par les herbivores. Plusieurs accidents graves ont été signalés et
justifient les mesures de contrôle mises en vigueur depuis.
Nous n’évoquerons pas ici les effets des substances radioactives sur les
animaux et sur l’homme. La peau, les yeux, les tissus hématopoïétiques
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