long des chaînes alimentaires. Comme dans le cas des pesticides (voir
p. 253), ces corps passent dans la matière vivante des organismes les plus
simples, qui les concentrent, et les transmettent à leurs prédateurs, avec des
taux dangereux.
Ce phénomène apparaît avec une particulière netteté dans le milieu
marin. On sait depuis longtemps que les animaux aquatiques sont capables
de concentrer des substances très diluées dans le milieu qui les baigne.
Certains Mollusques concentrent 4 300 fois le cuivre, 6 900 fois le fluor ;
certains Crustacés (Copépodes) 13 000 fois la silice ; certains Poissons
2 500 000 fois le phosphore dissous dans l’eau de mer. Les corps radioactifs
ne font pas exception, surtout les éléments rares, normalement présents à
des doses infinitésimales dans la nature ; répandus avec une plus grande
abondance comme déchets atomiques, ils peuvent entraîner une
contamination grave des milieux naturels et s’accumuler dans les êtres
vivants. C’est entre autres le cas du strontium 90 dont l’origine ne résulte
que des fissions nucléaires artificielles ; sa durée de demi-vie de 25 ans est
suffisante pour permettre son accumulation dans les êtres vivants et sa
concentration le long des chaînes alimentaires, d’autant plus que les sols
jouissent de facultés de rétention considérables. Cet élément, se
métabolisant comme le calcium, se fixe dans les os et n’est mobilisé que
très lentement. Il en est de même de certains isotopes de l’iode (par
exemple iode 129) qui se fixent au niveau de la glande thyroïde.
Des concentrations importantes ont été mises en évidence dans
diverses plantes aquatiques. En Angleterre, des mesures faites à Plymouth
ont montré que des Algues marines concentrent de 20 (Ascophyllum
nodosum) à 40 fois (Fucus serratus) le strontium 90 de l’eau de mer. Aux
États-Unis, dans la rivière Columbia (qui reçoit les effluents de l’usine
atomique d’Hanford), les Algues présentent une radioactivité 1 000 fois
plus forte que l’eau. Dans la rivière Clinch (qui reçoit les effluents de
l’usine d’Oak Ridge), le plancton est 10 000 fois plus radioactif que l’eau
dans lequel il vit. Des Mollusques bivalves d’eau douce concentrent
100 fois l’iode radioactif. Des Poissons dulçaquicoles se trouvant à un
niveau élevé dans les chaînes alimentaires sont de 20 000 à 30 000 fois plus
radioactifs que l’eau dans laquelle ils vivent. Il en est de même des Poissons
marins, dont les migrations peuvent de plus disperser au loin les produits
p. 253), ces corps passent dans la matière vivante des organismes les plus
simples, qui les concentrent, et les transmettent à leurs prédateurs, avec des
taux dangereux.
Ce phénomène apparaît avec une particulière netteté dans le milieu
marin. On sait depuis longtemps que les animaux aquatiques sont capables
de concentrer des substances très diluées dans le milieu qui les baigne.
Certains Mollusques concentrent 4 300 fois le cuivre, 6 900 fois le fluor ;
certains Crustacés (Copépodes) 13 000 fois la silice ; certains Poissons
2 500 000 fois le phosphore dissous dans l’eau de mer. Les corps radioactifs
ne font pas exception, surtout les éléments rares, normalement présents à
des doses infinitésimales dans la nature ; répandus avec une plus grande
abondance comme déchets atomiques, ils peuvent entraîner une
contamination grave des milieux naturels et s’accumuler dans les êtres
vivants. C’est entre autres le cas du strontium 90 dont l’origine ne résulte
que des fissions nucléaires artificielles ; sa durée de demi-vie de 25 ans est
suffisante pour permettre son accumulation dans les êtres vivants et sa
concentration le long des chaînes alimentaires, d’autant plus que les sols
jouissent de facultés de rétention considérables. Cet élément, se
métabolisant comme le calcium, se fixe dans les os et n’est mobilisé que
très lentement. Il en est de même de certains isotopes de l’iode (par
exemple iode 129) qui se fixent au niveau de la glande thyroïde.
Des concentrations importantes ont été mises en évidence dans
diverses plantes aquatiques. En Angleterre, des mesures faites à Plymouth
ont montré que des Algues marines concentrent de 20 (Ascophyllum
nodosum) à 40 fois (Fucus serratus) le strontium 90 de l’eau de mer. Aux
États-Unis, dans la rivière Columbia (qui reçoit les effluents de l’usine
atomique d’Hanford), les Algues présentent une radioactivité 1 000 fois
plus forte que l’eau. Dans la rivière Clinch (qui reçoit les effluents de
l’usine d’Oak Ridge), le plancton est 10 000 fois plus radioactif que l’eau
dans lequel il vit. Des Mollusques bivalves d’eau douce concentrent
100 fois l’iode radioactif. Des Poissons dulçaquicoles se trouvant à un
niveau élevé dans les chaînes alimentaires sont de 20 000 à 30 000 fois plus
radioactifs que l’eau dans laquelle ils vivent. Il en est de même des Poissons
marins, dont les migrations peuvent de plus disperser au loin les produits
