de ne pas tomber dans le travers de certains « alarmistes » emportés par des
passions sans grands fondements scientifiques.
Le problème nucléaire dans ses rapports avec la conservation de la
nature ne sera évoqué ici que dans ses grandes lignes. Si de nombreuses
études ont été consacrées à son aspect médical, peu de choses sont connues
quant à l’influence de la radioactivité sur la nature sauvage
158
. Il faut
d’ailleurs signaler que la documentation à la disposition du public, même
des scientifiques, est dans l’ensemble relativement peu abondante.
Beaucoup de secrets militaires ou industriels protègent certains aspects des
actions des pollutions nucléaires. Les dangers atomiques sont
volontairement minimisés par certains et au contraire considérablement
amplifiés par d’autres. L’opinion publique mériterait sans doute d’être
mieux informée et mieux rassurée qu’elle ne l’est à l’heure actuelle sur des
questions au demeurant fort inquiétantes, ne serait-ce que par le mystère qui
entoure tout ce qui y a trait.
Trois sources sont responsables des pollutions par produits radioactifs,
qui affectent aussi bien l’air et le sol que les eaux douces et salées. La
première est à chercher dans les explosions atomiques : celles qui ont lieu
dans l’atmosphère entraînent des pollutions consécutives à la formation du
« champignon » atomique bien connu et à la libération d’une grande
quantité de gaz et de produits solides radioactifs ; leurs retombées peuvent
polluer de grandes superficies après avoir été emportées par les vents
159
. La
deuxième provient de l’utilisation des eaux dans les usines atomiques
notamment pour le refroidissement des réacteurs ; elles peuvent devenir
radioactives et transporter des corps dangereux après avoir été rejetées dans
les rivières. La troisième provient des déchets atomiques. Les usines qui
produisent, transforment ou utilisent des produits radioactifs sont
encombrées d’un volume croissant de déchets dont il convient de se
débarrasser dans les meilleures conditions. Les produits fortement
radioactifs sont stockés dans des réservoirs spéciaux construits à grands
frais, mais devenant rapidement insuffisants, parfois enterrés dans des
galeries de mines désaffectées. Une autre solution adoptée par divers pays
consiste à placer les déchets dans des récipients scellés, entourés de couches
absorbant les radiations, et noyés dans des masses de béton, avant d’être
immergés dans les fosses océaniques les plus profondes. Les « fossoyeurs
atomiques » estiment que ce procédé est le mieux adapté pour se
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