notamment des carbures polycycliques (le benzopyrène par exemple a été
mis en évidence dans l’atmosphère des villes à des concentrations jusqu’à
100 fois plus fortes qu’à la campagne). Il est à peu près prouvé que certains
cancers, et notamment des cancers pulmonaires, sont dus à l’inhalation de
ces produits, qui sont éminemment favorisants même s’ils ne sont pas
déterminants.
L’action des pollutions sur l’homme est particulièrement pernicieuse
quand, par suite de circonstances météorologiques, l’air stagne au-dessus
des villes
152
. Il se produit un mélange intime de brouillard et de particules
solides en suspension, phénomène qualifié de smog
153
, qui a fait la triste
réputation de beaucoup de villes fortement industrialisées. À Londres,
célèbre à ce point de vue en raison d’un concours de circonstances
climatiques et des multiples industries établies dans cette ville gigantesque,
une « crise » d’une gravité exceptionnelle et devenue classique fut observée
du 5 au 8 décembre 1952. D’après les mesures faites à cette époque, la
teneur de l’air en anhydride sulfureux passa brusquement de 0,07-0,23 à
1,34 partie pour un million, ce taux pouvant même être localement bien
supérieur. La teneur en matières solides en suspension passait
simultanément à 4,46 mg par m 3 , soit de 3 à 10 fois la teneur normale. On
estima alors à 4 000 le nombre de décès imputables au smog dans
l’agglomération londonienne, le nombre de personnes atteintes étant par
ailleurs très élevé (les admissions dans les hôpitaux londoniens furent 4 fois
plus nombreuses en ce qui concerne les maladies affectant les voies
respiratoires et l’appareil circulatoire). Des accidents de ce genre se
renouvellent fréquemment à Londres comme dans diverses régions
d’Angleterre. On a estimé que les pollutions atmosphériques coûtaient
700 millions de dollars par an au pays. En Belgique, dans la vallée de la
Meuse, du 1 er au 5 décembre 1930 un smog persistant entraîna de
nombreuses affections cardio-vasculaires et respiratoires et une mortalité
10 fois supérieure à la normale (une soixantaine de morts dans un district
d’une vingtaine de kilomètres le long de la rivière).
Dans le Nouveau Monde, si une longue série de villes est sujette au
smog, l’exemple de l’« accident » de Donora, près de Pittsburgh, en
Pennsylvanie, est resté tristement célèbre. En octobre 1948, un smog très
dense s’abattit sur cette ville de quelque 12 000 habitants et occasionna des
mis en évidence dans l’atmosphère des villes à des concentrations jusqu’à
100 fois plus fortes qu’à la campagne). Il est à peu près prouvé que certains
cancers, et notamment des cancers pulmonaires, sont dus à l’inhalation de
ces produits, qui sont éminemment favorisants même s’ils ne sont pas
déterminants.
L’action des pollutions sur l’homme est particulièrement pernicieuse
quand, par suite de circonstances météorologiques, l’air stagne au-dessus
des villes
152
. Il se produit un mélange intime de brouillard et de particules
solides en suspension, phénomène qualifié de smog
153
, qui a fait la triste
réputation de beaucoup de villes fortement industrialisées. À Londres,
célèbre à ce point de vue en raison d’un concours de circonstances
climatiques et des multiples industries établies dans cette ville gigantesque,
une « crise » d’une gravité exceptionnelle et devenue classique fut observée
du 5 au 8 décembre 1952. D’après les mesures faites à cette époque, la
teneur de l’air en anhydride sulfureux passa brusquement de 0,07-0,23 à
1,34 partie pour un million, ce taux pouvant même être localement bien
supérieur. La teneur en matières solides en suspension passait
simultanément à 4,46 mg par m 3 , soit de 3 à 10 fois la teneur normale. On
estima alors à 4 000 le nombre de décès imputables au smog dans
l’agglomération londonienne, le nombre de personnes atteintes étant par
ailleurs très élevé (les admissions dans les hôpitaux londoniens furent 4 fois
plus nombreuses en ce qui concerne les maladies affectant les voies
respiratoires et l’appareil circulatoire). Des accidents de ce genre se
renouvellent fréquemment à Londres comme dans diverses régions
d’Angleterre. On a estimé que les pollutions atmosphériques coûtaient
700 millions de dollars par an au pays. En Belgique, dans la vallée de la
Meuse, du 1 er au 5 décembre 1930 un smog persistant entraîna de
nombreuses affections cardio-vasculaires et respiratoires et une mortalité
10 fois supérieure à la normale (une soixantaine de morts dans un district
d’une vingtaine de kilomètres le long de la rivière).
Dans le Nouveau Monde, si une longue série de villes est sujette au
smog, l’exemple de l’« accident » de Donora, près de Pittsburgh, en
Pennsylvanie, est resté tristement célèbre. En octobre 1948, un smog très
dense s’abattit sur cette ville de quelque 12 000 habitants et occasionna des
