d’industrie à Londres. Evelyn, dans un opuscule intitulé Fumifugium (cité
par Landsberg, 1956), écrit déjà en 1661 en parlant de Londres : « alors que
l’air est pur et serein dans tous autres lieux, il est ici éclipsé par un tel nuage
de soufre, que le soleil lui-même, qui éclaire partout ailleurs, est à peine
capable de le pénétrer et de le disperser ; et à des milles de distance le
voyageur fatigué sent, bien avant de la voir, la Cité vers laquelle il se
dirige. » Que dirait le même voyageur en arrivant maintenant dans une de
nos grandes métropoles !
Ce problème a pris à l’heure actuelle de telles proportions que même
l’opinion publique a été alarmée par cette question d’un grand intérêt pour
la santé de l’homme, ainsi que pour la nature tout entière
146
.
Cette forme de pollution entraîne une modification plus ou moins
profonde de l’atmosphère. Les villes sont couvertes d’une véritable calotte
grise, flottant jusqu’à des altitudes variant entre 1 500 et 2 500 m, provenant
des poussières mises en suspension dans l’air ; elles vivent ainsi
« accroupies sous un couvercle de fumées grasses et pestilentielles »
147
.
Cette couche absorbe une partie appréciable du rayonnement solaire,
entraînant un déficit notable de l’insolation, qui d’après certains auteurs
peut atteindre 20 % en été et 50 % en hiver. Des mesures faites à Vienne
entre le niveau du sol et les tours de la cathédrale, à 70 m, montrent que
cette simple couche d’air intercepte à elle seule 5,7 % des radiations. La
composition spectrale de la lumière se trouve modifiée, les ultra-violets
étant en particulier filtrés dans une proportion notable : d’après Maurain (in
Landsberg, 1956), les rayons ultraviolets ne comptent plus que pour 0,3 %
de l’énergie du rayonnement solaire à Paris, alors que cette proportion est
de 3 % aux environs de la ville. Simultanément le nombre de jours pendant
lesquels la visibilité est de 6 km dans le centre de Paris a passé de 95 par an
pendant la décennie 1901-1910 à 60 au cours des années 1921-1930.
La pollution de l’atmosphère est produite à la fois par des gaz et par
des solides en suspension. Les premiers proviennent avant tout de la
combustion des multiples foyers domestiques et industriels. Les plus
importants sont le gaz carbonique, polluant d’un type très particulier sur
lequel nous reviendrons (voir p. 296), et l’oxyde de carbone, oxydé en
partie seulement ensuite, véritable poison pour les animaux. L’influence de
ce gaz peut être importante sur l’homme dans les villes, vu les quantités
par Landsberg, 1956), écrit déjà en 1661 en parlant de Londres : « alors que
l’air est pur et serein dans tous autres lieux, il est ici éclipsé par un tel nuage
de soufre, que le soleil lui-même, qui éclaire partout ailleurs, est à peine
capable de le pénétrer et de le disperser ; et à des milles de distance le
voyageur fatigué sent, bien avant de la voir, la Cité vers laquelle il se
dirige. » Que dirait le même voyageur en arrivant maintenant dans une de
nos grandes métropoles !
Ce problème a pris à l’heure actuelle de telles proportions que même
l’opinion publique a été alarmée par cette question d’un grand intérêt pour
la santé de l’homme, ainsi que pour la nature tout entière
146
.
Cette forme de pollution entraîne une modification plus ou moins
profonde de l’atmosphère. Les villes sont couvertes d’une véritable calotte
grise, flottant jusqu’à des altitudes variant entre 1 500 et 2 500 m, provenant
des poussières mises en suspension dans l’air ; elles vivent ainsi
« accroupies sous un couvercle de fumées grasses et pestilentielles »
147
.
Cette couche absorbe une partie appréciable du rayonnement solaire,
entraînant un déficit notable de l’insolation, qui d’après certains auteurs
peut atteindre 20 % en été et 50 % en hiver. Des mesures faites à Vienne
entre le niveau du sol et les tours de la cathédrale, à 70 m, montrent que
cette simple couche d’air intercepte à elle seule 5,7 % des radiations. La
composition spectrale de la lumière se trouve modifiée, les ultra-violets
étant en particulier filtrés dans une proportion notable : d’après Maurain (in
Landsberg, 1956), les rayons ultraviolets ne comptent plus que pour 0,3 %
de l’énergie du rayonnement solaire à Paris, alors que cette proportion est
de 3 % aux environs de la ville. Simultanément le nombre de jours pendant
lesquels la visibilité est de 6 km dans le centre de Paris a passé de 95 par an
pendant la décennie 1901-1910 à 60 au cours des années 1921-1930.
La pollution de l’atmosphère est produite à la fois par des gaz et par
des solides en suspension. Les premiers proviennent avant tout de la
combustion des multiples foyers domestiques et industriels. Les plus
importants sont le gaz carbonique, polluant d’un type très particulier sur
lequel nous reviendrons (voir p. 296), et l’oxyde de carbone, oxydé en
partie seulement ensuite, véritable poison pour les animaux. L’influence de
ce gaz peut être importante sur l’homme dans les villes, vu les quantités
