(par exemple les Mulets, qui se nourrissent de proies de petite taille et de
débris organiques, chargés d’hydrocarbures). Le frai, surtout les œufs
flottant en surface, est également touché.
Un danger très sérieux menace l’homme dans le cas des coquillages
comestibles, qui se chargent de certains composants cancérigènes des
produits pétroliers. On a notamment trouvé du benzopyrène chez des
Coques, des Huîtres, des Moules et des Couteaux (Solen). Ce danger ne doit
pas être minimisé, bien que l’on ignore comment se métabolisent ces corps
éminemment cancérigènes. Il n’est pas impossible qu’il y ait, comme dans
le cas des insecticides, une sorte de concentration le long des chaînes
alimentaires, l’homme risquant d’en devenir l’ultime victime. Les boues
contiennent des proportions notables de certains corps provenant des
hydrocarbures rejetés à la mer (Vasserot, 1962 ; Mallet, Tendron et Plessis,
1960) d’où ces substances passeraient dans le corps des microphages,
d’abord les Mollusques consommés par l’homme.
Les déchets pétroliers, poussés par les vents et les courants, viennent
par ailleurs s’échouer sur les plages et s’accumulent dans la zone
intercotidale en longues traînées ou en concrétions roulées par les flots. Ces
amas ont une influence profonde sur les organismes littoraux, et constituent
également une gêne sérieuse pour tous les usagers des plages. Il est devenu
impossible de fréquenter les rivages d’Europe occidentale et de
Méditerranée, pour ne citer que ceux-ci, sans en revenir maculé.
D’innombrables plaintes émanent des touristes et de tous ceux qui vivent
directement ou indirectement de l’exploitation balnéaire.
Ces diverses menaces vont s’aggraver dans le proche avenir.
Seulement pour l’Europe, on prévoit que la consommation de produits
pétroliers n’atteignant que 134 millions de tonnes en 1957, a passé au
minimum à 340 millions en 1975, doublant donc les dangers de pollution
des mers par hydrocarbures. Cette situation avait provoqué dès 1926 la
convocation à Washington d’une conférence réunie à l’instigation des ÉtatsUnis (conférence préliminaire sur la pollution des eaux navigables par le
pétrole), puis en 1935 d’une autre à celle de la Société des Nations. Ce n’est
cependant qu’en 1953 qu’une nouvelle conférence fut tenue à Londres sous
l’égide de l’Organisation intergouvernementale consultative de la
navigation maritime (OICNM, la 12 e institution spécialisée des Nations
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