dans les autres secteurs marins d’Europe et notamment de la mer du Nord,
ce qui est particulièrement regrettable, cette mer constituant les quartiers
d’hiver de nombreux Canards venus de l’Arctique, et notamment de la
Harelde de Miquelon Clangula hyemalis, extrêmement raréfiée à l’heure
actuelle.
On ne peut manquer d’évoquer brièvement la catastrophe survenue aux
oiseaux du sud de l’Angleterre et de la Bretagne lors du naufrage du Torrey
Canyon, le 18 mars 1967 (voir J. E. Smith (dir.), « Torrey Canyon »
Pollution and Marine Life, Cambridge, 1968). Quelque 50 000 t de pétrole
brut se répandirent sur la mer ; emporté par les courants, celui-ci atteignit
les côtes britanniques et françaises en une « marée noire » tristement
célèbre. À l’action des hydrocarbures vint se joindre celle des détergents
employés pour émulsionner les graisses et nettoyer les plages. Les oiseaux
pâtirent dans une proportion considérable, et en particulier ceux de la
réserve des Sept-Îles au large des Côtes d’Armor : le 10 avril 1967 vit la
ruine des efforts de ceux qui depuis 60 ans avaient permis à des colonies
prospères de se constituer. Les Macareux eurent leurs effectifs réduits de
5 000 à 600, les Pingouins de 700 à 100, de même que les Guillemots. Cette
catastrophe est d’autant plus regrettable que beaucoup d’espèces d’Alcidés
manifestaient déjà depuis plusieurs années une diminution continue de leurs
effectifs.
Le désastre biologique entraîné par le naufrage du Torrey Canyon est
certes un accident, une « maladie aiguë » des mers, aux conséquences
spectaculaires. Mais bien plus grave est la « maladie chronique » des mers
due au rejet régulier des hydrocarbures. Car on déverse délibérément
chaque année le contenu de 50 Torrey Canyon à la surface des océans.
Mais les oiseaux ne sont pas les seuls à pâtir des hydrocarbures et de
leur action physique (ils modifient localement la tension superficielle dont
le rôle est si grand dans la vie des animaux planctoniques) et chimique
(certains de leurs composants se comportent comme de véritables poisons à
l’égard des Invertébrés marins, notamment des Crustacés, et même des
Poissons). Les plages souillées de mazout deviennent azoïques ; Annélides,
Crustacés et Mollusques meurent en même temps que les micro-organismes
intercotidaux (voir notamment O’Sullivan et Richardson, Nature, 214,
5 087, 1967). Des pertes sérieuses ont été signalées sur des lieux de pêche
renommés
144
. Ceci s’applique particulièrement aux poissons microphages
ce qui est particulièrement regrettable, cette mer constituant les quartiers
d’hiver de nombreux Canards venus de l’Arctique, et notamment de la
Harelde de Miquelon Clangula hyemalis, extrêmement raréfiée à l’heure
actuelle.
On ne peut manquer d’évoquer brièvement la catastrophe survenue aux
oiseaux du sud de l’Angleterre et de la Bretagne lors du naufrage du Torrey
Canyon, le 18 mars 1967 (voir J. E. Smith (dir.), « Torrey Canyon »
Pollution and Marine Life, Cambridge, 1968). Quelque 50 000 t de pétrole
brut se répandirent sur la mer ; emporté par les courants, celui-ci atteignit
les côtes britanniques et françaises en une « marée noire » tristement
célèbre. À l’action des hydrocarbures vint se joindre celle des détergents
employés pour émulsionner les graisses et nettoyer les plages. Les oiseaux
pâtirent dans une proportion considérable, et en particulier ceux de la
réserve des Sept-Îles au large des Côtes d’Armor : le 10 avril 1967 vit la
ruine des efforts de ceux qui depuis 60 ans avaient permis à des colonies
prospères de se constituer. Les Macareux eurent leurs effectifs réduits de
5 000 à 600, les Pingouins de 700 à 100, de même que les Guillemots. Cette
catastrophe est d’autant plus regrettable que beaucoup d’espèces d’Alcidés
manifestaient déjà depuis plusieurs années une diminution continue de leurs
effectifs.
Le désastre biologique entraîné par le naufrage du Torrey Canyon est
certes un accident, une « maladie aiguë » des mers, aux conséquences
spectaculaires. Mais bien plus grave est la « maladie chronique » des mers
due au rejet régulier des hydrocarbures. Car on déverse délibérément
chaque année le contenu de 50 Torrey Canyon à la surface des océans.
Mais les oiseaux ne sont pas les seuls à pâtir des hydrocarbures et de
leur action physique (ils modifient localement la tension superficielle dont
le rôle est si grand dans la vie des animaux planctoniques) et chimique
(certains de leurs composants se comportent comme de véritables poisons à
l’égard des Invertébrés marins, notamment des Crustacés, et même des
Poissons). Les plages souillées de mazout deviennent azoïques ; Annélides,
Crustacés et Mollusques meurent en même temps que les micro-organismes
intercotidaux (voir notamment O’Sullivan et Richardson, Nature, 214,
5 087, 1967). Des pertes sérieuses ont été signalées sur des lieux de pêche
renommés
144
. Ceci s’applique particulièrement aux poissons microphages
