les autres, les hydrocarbures s’y « diluant » apparemment avec moins de
facilité.
Les premiers à pâtir sont les oiseaux. Lorsqu’ils se posent à la surface
ou traversent le film superficiel de pollution, leurs plumes se chargent de
produits pétroliers qui les souillent d’une manière indélébile. Le plumage
perd ainsi ses propriétés calorifuges et hydrofuges (par modification des
phénomènes de tension superficielle). L’oiseau ne tarde pas à mourir de
congestion et de troubles consécutifs à la mauvaise thermorégulation,
n’étant plus isolé du milieu liquide par le matelas d’air compris entre ses
plumes (Portier et Raffy, C. R. Acad. Sci., 1934). Mais il existe en plus une
véritable intoxication consécutive à l’ingestion du mazout par l’oiseau qui
l’absorbe en plongeant ou en tentant de nettoyer son plumage. La dissection
de sujets morts des suites de mazoutage a montré de graves lésions des
organes internes : foie congestionné, surrénales hypertrophiées,
imperméabilisation de la muqueuse, destruction de la flore intestinale.
Notons que l’action des détergents employés en vue de nettoyer les mers au
moment des pollutions accidentelles est au moins aussi néfaste que celle des
hydrocarbures eux-mêmes.
Il est évidemment difficile d’estimer numériquement les pertes dues
aux pollutions par hydrocarbures, car la plupart des oiseaux meurent en
haute mer, et seul le dénombrement des cadavres échoués sur les plages
permet de juger de leur importance. On citera à ce point de vue les
observations faites à Terre-Neuve (péninsule d’Avalon) où, sur une portion
de la côte occidentale, 464 cadavres de Guillemots de Brünnich Uria
lomvia par mille de côte ont été dénombrés en mars 1956, sans compter
d’autres oiseaux appartenant à 11 espèces. Cette situation est
particulièrement grave, cette partie de l’Atlantique constituant le lieu
d’hivernage de nombreux oiseaux marins, et le trafic y devenant de plus en
plus intense du fait des aménagements du Saint-Laurent. Cela explique
également qu’une colonie de Pingouins ne comptant pas moins de
250 000 individus a été décimée en 2 ans dans ces parages. On a estimé par
ailleurs que de 20 000 à 50 000 oiseaux de mer – appartenant à une
cinquantaine d’espèces dont 14 espèces de Canards – sont annuellement
victimes des pollutions par hydrocarbures le long des côtes néerlandaises.
Ce nombre s’élève vraisemblablement à 250 000 en Grande-Bretagne
(surtout Pingouins, Macreuses, Goélands et Plongeons). Il en est de même
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