Dans les temps récents l’exploitation du pétrole sur le plateau continental
par forage sous-marin a considérablement accru les risques de pollutions
(15 % du pétrole est actuellement extrait des fonds marins). Les fuites se
produisent au niveau des puits et entraînent le déversement de volumes
considérables de produits pétroliers au moindre accident. Le plus
spectaculaire arriva au large de Santa Barbara, Californie, en 1969, et
entraîna une véritable « marée noire » le long des côtes de cette partie de
l’Amérique du Nord. De telles catastrophes risquent de se multiplier du fait
de l’ampleur que prend l’exploitation du pétrole en mer, et l’on ne peut
manquer d’être inquiet de ce qui se passerait en Méditerranée si l’on
donnait suite aux projets de forages à 2 000 m de profondeur (voir
M. Roubault, Courrier de la nature, n o 25, 1973).
On ne peut à première vue imaginer l’ampleur des pollutions des mers
par les hydrocarbures et le volume des produits rejetés. Au courant de 1966,
1 160 millions de tonnes de produits pétroliers ont été transportés à travers
le monde. En supposant que seul 1 ‰
143
de ces produits forme des déchets
rejetés à la mer, on arrive donc à la quantité phénoménale d’un million de
tonnes d’hydrocarbures répandus à la surface des océans, principalement
dans les zones les plus fréquentées, le long des côtes américaines et
européennes. Ces valeurs, simple ordre de grandeur, sont néanmoins
parfaitement vraisemblables quand on se rappelle qu’un grand pétrolier
moderne expulse, en purgeant ses citernes, de 3 000 à 5 000 t d’eau chargée
de 100 à 200 t d’hydrocarbures. Il suffit de multiplier ces chiffres par le
nombre de pétroliers circulant à travers le monde et la fréquence des
rotations annuelles pour en être convaincu. Les effets de ces pollutions sont
considérables, en raison de la stabilité chimique de ces déchets que les
courants et les marées emportent au loin.
Parmi les zones marines les plus gravement polluées se rangent la
Méditerranée, empruntée par tous les pétroliers venus du Proche-Orient,
l’Atlantique oriental (par exemple les côtes bretonnes exposées aux vents
du N.O.), la Manche et la mer du Nord. Il semble que les mers froides aient
atteint un degré de pollution nettement plus alarmant que les mers chaudes
(probablement en rapport avec le rayonnement solaire et les conditions
d’émulsionnement) et que les mers peu profondes soient plus polluées que
par forage sous-marin a considérablement accru les risques de pollutions
(15 % du pétrole est actuellement extrait des fonds marins). Les fuites se
produisent au niveau des puits et entraînent le déversement de volumes
considérables de produits pétroliers au moindre accident. Le plus
spectaculaire arriva au large de Santa Barbara, Californie, en 1969, et
entraîna une véritable « marée noire » le long des côtes de cette partie de
l’Amérique du Nord. De telles catastrophes risquent de se multiplier du fait
de l’ampleur que prend l’exploitation du pétrole en mer, et l’on ne peut
manquer d’être inquiet de ce qui se passerait en Méditerranée si l’on
donnait suite aux projets de forages à 2 000 m de profondeur (voir
M. Roubault, Courrier de la nature, n o 25, 1973).
On ne peut à première vue imaginer l’ampleur des pollutions des mers
par les hydrocarbures et le volume des produits rejetés. Au courant de 1966,
1 160 millions de tonnes de produits pétroliers ont été transportés à travers
le monde. En supposant que seul 1 ‰
143
de ces produits forme des déchets
rejetés à la mer, on arrive donc à la quantité phénoménale d’un million de
tonnes d’hydrocarbures répandus à la surface des océans, principalement
dans les zones les plus fréquentées, le long des côtes américaines et
européennes. Ces valeurs, simple ordre de grandeur, sont néanmoins
parfaitement vraisemblables quand on se rappelle qu’un grand pétrolier
moderne expulse, en purgeant ses citernes, de 3 000 à 5 000 t d’eau chargée
de 100 à 200 t d’hydrocarbures. Il suffit de multiplier ces chiffres par le
nombre de pétroliers circulant à travers le monde et la fréquence des
rotations annuelles pour en être convaincu. Les effets de ces pollutions sont
considérables, en raison de la stabilité chimique de ces déchets que les
courants et les marées emportent au loin.
Parmi les zones marines les plus gravement polluées se rangent la
Méditerranée, empruntée par tous les pétroliers venus du Proche-Orient,
l’Atlantique oriental (par exemple les côtes bretonnes exposées aux vents
du N.O.), la Manche et la mer du Nord. Il semble que les mers froides aient
atteint un degré de pollution nettement plus alarmant que les mers chaudes
(probablement en rapport avec le rayonnement solaire et les conditions
d’émulsionnement) et que les mers peu profondes soient plus polluées que
