susceptible de modifier l’équilibre des organismes marins, en particulier du
Plancton, y déterminant la prolifération de nombreuses Algues (Algues
vertes, Diatomées), dont la mort rend les eaux putrides. Une relation existe
à coup sûr entre la composition des associations animales et le degré de
pollution, certaines espèces plus résistantes pouvant proliférer
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, sauf dans
un certain rayon autour du point d’épandage, où la faune et la flore marines
sont complètement stérilisées.
Des effets semblables sont également connus quant aux Poissons,
notamment au Portugal et en Scandinavie où la pollution des fjords a des
répercussions sur le rendement des pêcheries. Beaucoup d’estuaires, par où
s’écoulent les eaux rejetées tout au long des bassins fluviaux et au bord
desquels sont souvent édifiées de grandes villes, présentent un degré de
pollution très alarmant. Dès l’embouchure des rivières il existe de ce fait
une « barrière empoisonnée » qui empêche la remontée de certains poissons
anadromes, tels les Saumons.
En fait les mers reçoivent maintenant un volume d’affluents
considérable, où l’on retrouve tous les polluants des eaux douces et de
l’atmosphère. Les communautés marines sont gravement perturbées et la
vie aurait diminué de 30 à 50 % jusqu’à une profondeur d’au moins 500 m
(commandant Cousteau). L’homme risque ainsi de se priver de ressources
essentielles et de compromettre quelques-uns des mécanismes
fondamentaux de la biosphère dont dépend le maintien de la vie sur la terre.
Il serait trop long d’établir la liste des polluants que l’on retrouve dans
la mer. Parmi eux figurent tous ceux qui sont charriés par les fleuves, même
les sels de métaux lourds (la teneur en plomb des eaux a augmenté de 5 fois
depuis 50 ans en Méditerranée, mer particulièrement fragile comme tous les
bassins fermés ; l’affaire des « boues rouges » au large de la Corse en 1972
l’illustre tragiquement). Ces sels se concentrent le long des chaînes
alimentaires marines. Aux États-Unis, 23 % des conserves de Thon
analysées contenaient un taux de mercure supérieur à la limite admise. Des
millions de boîtes ont dû être retirées du marché (le mercure agit comme un
dangereux poison sur le cerveau, le foie et les reins).
Une pollution presque spécifiquement marine est celle que provoquent
les hydrocarbures rejetés à la mer en quantités croissantes, parallèlement au
développement de l’industrie et du transport des produits pétroliers (voir
Hawkes, 1961 ; Tendron, 1962 ; Zobell, 1962). Ces substances non
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