barrage de Verbois (qui reçoit les eaux usées de la ville), dont les effets se
font sentir jusqu’à Culoz, à 60 km en aval. La basse vallée de la Seine était
réputée jadis pour l’abondance de ses Poissons, et l’on pêchait jusqu’à
58 espèces différentes à Quillebœuf. Cette faune abondante a maintenant
disparu, aussi bien par suite de l’industrialisation de cette région qu’en
raison des volumes croissants d’eaux usées déversées par les égouts. Les
lacs, et en particulier ceux des Alpes suisses et françaises, ne sont pas à
l’abri de ce type de pollution, comme le démontrent des observations
répétées. Ils y sont même particulièrement sensibles du fait qu’ils
constituent des systèmes clos où les apports nuisibles s’accumulent. Les
fonds du lac d’Annecy sont dépourvus d’oxygène d’août à décembre, de
même que ceux des lacs de Nantua et de Zurich, en raison du déversement
des eaux d’égout et des perturbations dans l’équilibre chimique qui en
résultent. Les fonds se colmatent, la végétation aquatique disparaît,
remplacée par des Champignons et des Bactéries filamenteuses ; les
animaux eux-mêmes pâtissent dans une large mesure, notamment l’Omblechevalier, Poisson renommé des lacs subalpins.
La pollution du lac Léman s’est considérablement aggravée au cours
des dernières années (Rapport sur l’état sanitaire du Léman de 1957-1960,
Com. Int. Prot. Eaux du Léman et du Rhône, 1964). L’action des eaux
ménagères et industrielles a provoqué une diminution de la transparence des
eaux (de 2 m en moyenne depuis le début du siècle), une baisse des teneurs
en oxygène et l’apparition de substances azotées organiques. De plus le
nombre de germes a augmenté d’une manière très inquiétante, surtout ceux
d’origine fécale présumée (Coliformes) qui ont envahi tout le Léman. Les
modifications chimiques et physiques et la contamination bactérienne
montrent clairement que ce lac est en train de devenir un cloaque.
Le second type de pollution, beaucoup plus grave encore, qualifié de
pollution de caractère collectif, est une conséquence de l’extension de
l’industrie et une rançon du progrès technique
130
. En fonction de la nature
chimique des produits incriminés, on peut diviser les pollutions en diverses
catégories. Les hydrocarbures en constituent l’une des plus apparentes.
S’étalant à la surface en traînées disgracieuses, ils forment un film
superficiel et empêchent la diffusion de l’oxygène dans l’eau. Les
détergents synthétiques – dont l’utilisation industrielle, agricole et
ménagère s’amplifie
131
– sont plus pernicieux encore, car ils changent la
font sentir jusqu’à Culoz, à 60 km en aval. La basse vallée de la Seine était
réputée jadis pour l’abondance de ses Poissons, et l’on pêchait jusqu’à
58 espèces différentes à Quillebœuf. Cette faune abondante a maintenant
disparu, aussi bien par suite de l’industrialisation de cette région qu’en
raison des volumes croissants d’eaux usées déversées par les égouts. Les
lacs, et en particulier ceux des Alpes suisses et françaises, ne sont pas à
l’abri de ce type de pollution, comme le démontrent des observations
répétées. Ils y sont même particulièrement sensibles du fait qu’ils
constituent des systèmes clos où les apports nuisibles s’accumulent. Les
fonds du lac d’Annecy sont dépourvus d’oxygène d’août à décembre, de
même que ceux des lacs de Nantua et de Zurich, en raison du déversement
des eaux d’égout et des perturbations dans l’équilibre chimique qui en
résultent. Les fonds se colmatent, la végétation aquatique disparaît,
remplacée par des Champignons et des Bactéries filamenteuses ; les
animaux eux-mêmes pâtissent dans une large mesure, notamment l’Omblechevalier, Poisson renommé des lacs subalpins.
La pollution du lac Léman s’est considérablement aggravée au cours
des dernières années (Rapport sur l’état sanitaire du Léman de 1957-1960,
Com. Int. Prot. Eaux du Léman et du Rhône, 1964). L’action des eaux
ménagères et industrielles a provoqué une diminution de la transparence des
eaux (de 2 m en moyenne depuis le début du siècle), une baisse des teneurs
en oxygène et l’apparition de substances azotées organiques. De plus le
nombre de germes a augmenté d’une manière très inquiétante, surtout ceux
d’origine fécale présumée (Coliformes) qui ont envahi tout le Léman. Les
modifications chimiques et physiques et la contamination bactérienne
montrent clairement que ce lac est en train de devenir un cloaque.
Le second type de pollution, beaucoup plus grave encore, qualifié de
pollution de caractère collectif, est une conséquence de l’extension de
l’industrie et une rançon du progrès technique
130
. En fonction de la nature
chimique des produits incriminés, on peut diviser les pollutions en diverses
catégories. Les hydrocarbures en constituent l’une des plus apparentes.
S’étalant à la surface en traînées disgracieuses, ils forment un film
superficiel et empêchent la diffusion de l’oxygène dans l’eau. Les
détergents synthétiques – dont l’utilisation industrielle, agricole et
ménagère s’amplifie
131
– sont plus pernicieux encore, car ils changent la
