qui souillent les biefs des fleuves situés en aval. Le second provient du
développement de l’industrie qui exige des quantités d’eau de plus en plus
considérables et surtout qui rejette dans les rivières les multiples produits
chimiques constituant les déchets de ses activités.
Ces deux facteurs ont pour effet de modifier fondamentalement le
problème de la pollution des eaux douces, d’une gravité extrême en Europe
et en Amérique du Nord, surtout dans la partie orientale des États-Unis. La
Ruhr, le Luxembourg, la Belgique, le nord de la France, l’Angleterre,
peuvent être cités comme de lamentables exemples de cette évolution. En
URSS, l’industrialisation et le développement des grands centres urbains
font qu’en dépit de l’abondance des eaux pas moins de 360 000 km de
rivières sont considérés comme gravement pollués.
La situation empire d’année en année, d’autant plus que la tendance
actuelle, manifeste en Europe occidentale et singulièrement en France, vise
à la décentralisation et à l’implantation d’usines dans des régions
jusqu’alors agricoles, d’où une multiplication des foyers de pollution.
Cette situation est d’autant plus grave que les besoins en eau vont
également en augmentant. La consommation annuelle par habitant atteint
1 200 m 3 aux États-Unis, et l’on estime qu’elle doublera d’ici une
quarantaine d’années (production d’énergie hydraulique et navigation
exclues). Or la quantité d’eau de surface est limitée, de même que celle des
eaux souterraines dont la fraction susceptible d’être prélevée est
relativement minime. Le manque d’eau sévit d’ores et déjà, même pour la
consommation humaine, dans des régions où pourtant les précipitations
atmosphériques sont abondantes
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.
La première cause de pollution provient du rejet des résidus de la vie
collective par les égouts (Ellis, 1937 ; Klein, 1962 ; Erichsen, 1964 ;
Ternisien, 1968 ; Carbenier, 1969). En dépit des procédés perfectionnés
d’épandage mis au point, l’accroissement continu des villes, diverses
difficultés techniques et le prix élevé des installations dépassant les
possibilités d’investissement de certaines collectivités entraînent
fréquemment l’inopérance d’installations insuffisantes, ou faisant même
parfois totalement défaut. Les cas de déversement des eaux d’égout non ou
insuffisamment épurées ont une fâcheuse tendance à se multiplier. Le
Rhône en aval de Genève est périodiquement pollué par la vidange du
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