À ces pollutions de type classique est venue depuis quelques années
s’ajouter la menace nucléaire, la pire de toutes, car susceptible
d’occasionner la ruine totale de notre planète.
C’est à ces empoisonnements véritables qu’il convient de s’arrêter
quelque peu, car s’ils portent de sérieux préjudices à l’homme lui-même, ils
mettent également en péril l’équilibre des communautés naturelles du
monde entier.
1. Pollutions des eaux douces
Le problème de la pollution des eaux douces n’est pas récent, car le
Zend-Avesta et les Écritures
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renferment déjà des préceptes relatifs aux
déchets et à la manière de les disposer pour ne pas gêner l’homme et
compromettre son approvisionnement en eau. Il a cependant conservé
jusqu’à des temps récents des proportions peu inquiétantes. Au début du
XIX e siècle, les membres du Parlement britannique pêchaient encore le
saumon à Londres du pont de Westminster, et jusqu’à la fin du
XVIII e siècle, l’eau potable des Parisiens fut prélevée dans la Seine sans
traitement particulier. Le saumon a hélas disparu de la Tamise
128
et à l’heure
actuelle, pendant l’été, la Seine roule en aval de Clichy un mélange à parties
égales d’eau de rivière et d’eau d’égout.
Les eaux souterraines elles-mêmes ont été gravement polluées, aussi
bien par des déchets organiques et les pesticides déversés en trop grandes
quantités (saturation des filtres naturels) que par des sels qui atteignent sans
encombre la nappe phréatique. Au cours de périodes de basses eaux, des
villes importantes ont été privées d’eau potable, et cela se renouvelle de
plus en plus fréquemment du fait des prélèvements effectués sur les nappes
alluviales, provoquant une réalimentation de celles-ci par les cours d’eau
pollués.
Les raisons de la pollution des eaux douces sont évidentes et relèvent
de deux ordres de faits différents. Le premier est en rapport avec
l’accroissement de la population humaine et le degré élevé d’urbanisation
qui en est le corollaire. Les métropoles où se concentrent de nombreux
habitants rejettent un énorme volume d’eaux usées incomplètement épurées,
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