fréquence variable selon les pays. Ils sont particulièrement nombreux aux
États-Unis, où l’emploi des pesticides a atteint des proportions énormes.
Les pays tropicaux ont eux aussi « découvert » ces produits et commencent
à en faire une consommation excessive qui risque d’y compromettre les
équilibres naturels. En revanche ils se sont révélés moins toxiques dans
certains pays européens qui ont su se protéger d’une manière plus efficace
contre l’emploi abusif des pesticides et où un meilleur équilibre agricole a
contribué à préserver les cultures de la pullulation de parasites dangereux
123
.
Dans l’ensemble donc, l’homme a intérêt à ne considérer les pesticides
que comme un des éléments de la lutte contre les ennemis de ses cultures et
de son bien-être. Un aménagement rationnel des habitats, même les plus
transformés par ses activités, est de rigueur. Il serait notamment à souhaiter
que les indispensables études écologiques qui doivent précéder toute mise
en valeur d’un territoire comprennent une analyse de l’entomofaune
autochtone, notamment de la fraction susceptible d’un transfert vers les
plantes dont on envisage la culture. Cela permettrait de choisir celles qui
risquent le moins de se trouver exposées à une pullulation de parasites en
puissance.
Par ailleurs les pratiques agricoles les moins favorables à la
multiplication des ravageurs doivent être mises en œuvre, en fonction des
conditions écologiques locales. Ce n’est qu’alors que l’homme sera en droit
d’utiliser les armes chimiques à sa disposition pour combattre ces fléaux
sans en engendrer de plus graves.
L’homme ne peut dorénavant assurer sa subsistance qu’en maintenant
une partie de la surface de la terre dans des conditions artificielles ; l’emploi
de substances chimiques fait partie du maintien d’un haut rendement
économique dans ces aires profondément transformées, où l’équilibre
naturel ne peut plus s’établir. Il y a un risque certain à courir. C’est de ce
risque que dépendent une plus grande abondance de nourriture et de
matières premières, primordiales pour l’humanité, et le recul des endémies
qui ravagent encore le monde. Mais il convient, comme l’a affirmé dès
1963 un rapport au président des États-Unis
124
, de réduire ce risque au
minimum et de limiter l’emploi des pesticides, en étudiant soigneusement
les effets sur la nature, en proscrivant les épandages à grande échelle dès
qu’ils ne sont pas indispensables ; en contrôlant en permanence les taux
dans l’air, l’eau et le sol ; et en limitant au strict minimum, avant de
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