chimiques de manière à ne pas contrecarrer la défense naturelle du milieu.
La lutte biologique, grâce à des espèces autochtones ou introduites, vient
ainsi ajouter ses effets à la lutte chimique. Les résultats de telles méthodes,
étudiées et appliquées maintenant dans divers pays européens, sont des plus
prometteurs.
Notons que l’homme a parfois intérêt à conserver les habitats mis en
exploitation dans un état comparable à un milieu naturel, comme nous
avons déjà eu l’occasion de le vérifier dans d’autres domaines. Cela est
prouvé notamment par un exemple cité par Grison et Lhoste (1960),
montrant combien les méthodes culturales ont d’incidences sur l’abondance
des insectes déprédateurs et le contrôle de leurs populations
121
. En Italie
méridionale, comme dans d’autres régions méditerranéennes, on commença
à enlever toutes les broussailles et herbes qui embarrassaient jusqu’alors le
sol des oliveraies. On constata alors une prolifération de la Mouche de
l’olive Dacus oleae, et de sévères attaques des fruits, en dépit de l’usage
d’insecticides. En fait on avait éliminé avec les plantes adventices les abris
où les insectes parasites de la Mouche se réfugiaient au cours du traitement
des Oliviers par insecticides ; ils y trouvaient d’autres insectes à parasiter,
ce qui leur permettait de maintenir leurs populations à un niveau élevé. Les
procédés de « culture nette » (Clean culture) des Américains sont ainsi,
dans certains cas au moins, préjudiciables aux plantes cultivées comme ils
le sont aussi par ailleurs à l’équilibre des sols et à la résistance à l’érosion
122
.
À ce point de vue, la conservation de peuplements végétaux à première
vue inutiles, comme les haies, les massifs de Ronces et d’autres plantes de
ce type, est en définitive très utile au maintien d’un équilibre entre les
différentes populations d’insectes et au contrôle des espèces nuisibles. La
monoculture et le remembrement des parcelles mènent ainsi à la
suppression de précieux auxiliaires de l’homme.
Ces considérations prennent encore plus de valeur dans le cas
d’habitats naturels, tels que les forêts ou les milieux aquatiques. La plus
grande prudence est de rigueur quand on se trouve dans l’obligation de les
traiter par pesticides. On risque d’y déclencher des réactions en chaîne et
d’aboutir à des ruptures d’équilibre graves allant à l’encontre des buts
recherchés.
On remarquera que les accidents dus aux pesticides et à leur abus et les
destructions injustifiées d’animaux inoffensifs dans la nature ont une
La lutte biologique, grâce à des espèces autochtones ou introduites, vient
ainsi ajouter ses effets à la lutte chimique. Les résultats de telles méthodes,
étudiées et appliquées maintenant dans divers pays européens, sont des plus
prometteurs.
Notons que l’homme a parfois intérêt à conserver les habitats mis en
exploitation dans un état comparable à un milieu naturel, comme nous
avons déjà eu l’occasion de le vérifier dans d’autres domaines. Cela est
prouvé notamment par un exemple cité par Grison et Lhoste (1960),
montrant combien les méthodes culturales ont d’incidences sur l’abondance
des insectes déprédateurs et le contrôle de leurs populations
121
. En Italie
méridionale, comme dans d’autres régions méditerranéennes, on commença
à enlever toutes les broussailles et herbes qui embarrassaient jusqu’alors le
sol des oliveraies. On constata alors une prolifération de la Mouche de
l’olive Dacus oleae, et de sévères attaques des fruits, en dépit de l’usage
d’insecticides. En fait on avait éliminé avec les plantes adventices les abris
où les insectes parasites de la Mouche se réfugiaient au cours du traitement
des Oliviers par insecticides ; ils y trouvaient d’autres insectes à parasiter,
ce qui leur permettait de maintenir leurs populations à un niveau élevé. Les
procédés de « culture nette » (Clean culture) des Américains sont ainsi,
dans certains cas au moins, préjudiciables aux plantes cultivées comme ils
le sont aussi par ailleurs à l’équilibre des sols et à la résistance à l’érosion
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À ce point de vue, la conservation de peuplements végétaux à première
vue inutiles, comme les haies, les massifs de Ronces et d’autres plantes de
ce type, est en définitive très utile au maintien d’un équilibre entre les
différentes populations d’insectes et au contrôle des espèces nuisibles. La
monoculture et le remembrement des parcelles mènent ainsi à la
suppression de précieux auxiliaires de l’homme.
Ces considérations prennent encore plus de valeur dans le cas
d’habitats naturels, tels que les forêts ou les milieux aquatiques. La plus
grande prudence est de rigueur quand on se trouve dans l’obligation de les
traiter par pesticides. On risque d’y déclencher des réactions en chaîne et
d’aboutir à des ruptures d’équilibre graves allant à l’encontre des buts
recherchés.
On remarquera que les accidents dus aux pesticides et à leur abus et les
destructions injustifiées d’animaux inoffensifs dans la nature ont une
