ce dernier procédé reste pour le moment le moyen le plus efficace et le
meilleur marché dans la plupart des cas. Nous avons déjà dit qu’il faut le
considérer comme une thérapeutique, c’est-à-dire étudier chaque cas
particulier, en fonction de la nature du milieu, du climat, des animaux à
combattre et des autres éléments de la biocénose. Il faut aussi tenir compte
de la nature du produit employé, de sa toxicité, de sa vitesse de dégradation
et des produits auquel il donne naissance, parfois plus toxiques que le
produit initial.
Avant tout il convient de bannir certains insecticides et d’étudier de
nouveaux produits synthétiques. La chimie organique est riche de
possibilités et des milliers de nouveaux corps sont encore à découvrir.
L’arsenal chimique à notre disposition va en s’augmentant. Comme chaque
espèce d’insecte a une biologie quelque peu différente, et surtout un
« mécanisme » chimique cellulaire particulier, on peut espérer découvrir des
pesticides spécifiques, inoffensifs pour tout autre animal que les insectes, et
même plus spécialement toxiques pour les espèces à combattre, tout en
épargnant les autres. Et en fait les substances récemment mises au point
tendent vers une spécificité de plus en plus affirmée.
Les insecticides endothérapiques (Systemic insecticides) sont à ce
point de vue d’un grand intérêt. Il s’agit de substances que l’on fait absorber
par les végétaux afin de rendre leur sève toxique pour les insectes
susceptibles de les attaquer
117
. Les principaux insecticides de ce type
appartiennent à la série des composés organophosphorés. Un des premiers
connus est le schradan
118
, découvert en 1937 par G. Schrader en Allemagne,
abandonné à l’heure actuelle en raison de sa haute toxicité, même pour les
plantes aux doses efficaces. D’autres corps, comme le déméthon et
l’endothion, ont été employés contre les Diptères et les Pucerons. Ces corps
sont mis au contact des graines ou des racines (parfois au niveau du
feuillage) et se distribuent ensuite dans tout l’appareil végétatif.
D’excellents résultats ont été obtenus lors d’applications de ces
insecticides d’un type très particulier, aussi bien sur les plantes tropicales
(lutte contre les Punaises du cacaoyer) que sur celles des pays tempérés.
Ces produits sont souvent plus efficaces et ont une action plus durable que
celle des insecticides pulvérisés. Dans l’ensemble, ils respectent les insectes
prédateurs.
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