animaux, agissant comme un véritable insecticide biologique (Grison et
Lhoste, 1960). Des résultats intéressants sont à attendre de cette méthode de
contrôle biologique élégante et inoffensive pour les autres animaux.
On notera enfin que des méthodes nouvelles laissent penser que
l’homme pourra aboutir à un contrôle de certains ravageurs au moins, par
une sorte d’autoextinction de leurs effectifs. Un procédé de lutte consiste à
introduire des mâles stérilisés qui entrent en compétition avec les mâles
normaux réduisant ainsi le nombre de femelles pondant des œufs fertiles.
Cette méthode, mise au point par E. F. Knipling
113
, a donné lieu à des essais
à grande échelle en Floride et dans les Antilles néerlandaises, à Curaçao,
dans la lutte contre un Diptère très préjudiciable à l’élevage (Callitroga
hominivorax, qui pond dans les plaies du bétail et y provoque une
pullulation de larves entraînant des infections graves et une forte mortalité
des animaux parasités). Comme le Diptère ne compte pendant quelques
mois que des populations réduites servant de point de départ aux invasions
estivales
114
, un calcul théorique montre que s’il est possible d’introduire dans
cette population des mâles physiologiquement castrés en nombre 2 fois
supérieur à celui des mâles normaux, la réduction du taux de natalité qui en
résulte aboutit à une extinction de la population en quatre générations. Si la
population n’est pas stationnaire, le même effet peut être obtenu en
augmentant la proportion initiale. Les expériences faites en stérilisant des
mâles par irradiation, ce qui ne change pas leur comportement reproducteur
(fait important, car les femelles ne s’accouplent qu’une fois et les mâles
traités et les mâles normaux doivent présenter le même comportement si
l’on veut obtenir l’effet désiré sur la fécondité), et en les lâchant ensuite
dans la nature montrèrent qu’il en était bien ainsi
115
; les Diptères disparurent
pratiquement des aires qui faisaient l’objet des essais.
Cette méthode pourrait sans doute être généralisée en dépit de
difficultés nombreuses (dues aux mœurs de certains insectes, à la nécessité
de leur monogamie, etc.) ; elle a peut-être un grand avenir dans la limitation
des insectes nuisibles. Elle est susceptible d’être considérablement
améliorée notamment par la stérilisation des mâles dans la nature sans qu’il
soit nécessaire de les capturer (produits chimiques stérilisants mêlés à des
appâts
116
).
Mais en dépit de ces méthodes beaucoup moins dangereuses pour
l’équilibre de la nature que l’épandage de pesticides, il est bien évident que
Lhoste, 1960). Des résultats intéressants sont à attendre de cette méthode de
contrôle biologique élégante et inoffensive pour les autres animaux.
On notera enfin que des méthodes nouvelles laissent penser que
l’homme pourra aboutir à un contrôle de certains ravageurs au moins, par
une sorte d’autoextinction de leurs effectifs. Un procédé de lutte consiste à
introduire des mâles stérilisés qui entrent en compétition avec les mâles
normaux réduisant ainsi le nombre de femelles pondant des œufs fertiles.
Cette méthode, mise au point par E. F. Knipling
113
, a donné lieu à des essais
à grande échelle en Floride et dans les Antilles néerlandaises, à Curaçao,
dans la lutte contre un Diptère très préjudiciable à l’élevage (Callitroga
hominivorax, qui pond dans les plaies du bétail et y provoque une
pullulation de larves entraînant des infections graves et une forte mortalité
des animaux parasités). Comme le Diptère ne compte pendant quelques
mois que des populations réduites servant de point de départ aux invasions
estivales
114
, un calcul théorique montre que s’il est possible d’introduire dans
cette population des mâles physiologiquement castrés en nombre 2 fois
supérieur à celui des mâles normaux, la réduction du taux de natalité qui en
résulte aboutit à une extinction de la population en quatre générations. Si la
population n’est pas stationnaire, le même effet peut être obtenu en
augmentant la proportion initiale. Les expériences faites en stérilisant des
mâles par irradiation, ce qui ne change pas leur comportement reproducteur
(fait important, car les femelles ne s’accouplent qu’une fois et les mâles
traités et les mâles normaux doivent présenter le même comportement si
l’on veut obtenir l’effet désiré sur la fécondité), et en les lâchant ensuite
dans la nature montrèrent qu’il en était bien ainsi
115
; les Diptères disparurent
pratiquement des aires qui faisaient l’objet des essais.
Cette méthode pourrait sans doute être généralisée en dépit de
difficultés nombreuses (dues aux mœurs de certains insectes, à la nécessité
de leur monogamie, etc.) ; elle a peut-être un grand avenir dans la limitation
des insectes nuisibles. Elle est susceptible d’être considérablement
améliorée notamment par la stérilisation des mâles dans la nature sans qu’il
soit nécessaire de les capturer (produits chimiques stérilisants mêlés à des
appâts
116
).
Mais en dépit de ces méthodes beaucoup moins dangereuses pour
l’équilibre de la nature que l’épandage de pesticides, il est bien évident que
