dans un état voisin du climax, alors que dans les milieux profondément
transformés, jamais un frein naturel ne pourra venir contrebalancer les
pullulations des ravageurs.
Pour lutter contre les insectes introduits artificiellement par l’homme
et devenus des « pestes » (rappelons qu’une forte proportion des insectes
préjudiciables aux cultures a une origine exogène), l’homme a la possibilité
d’introduire ensuite les insectes prédateurs pour rétablir en quelque sorte
l’équilibre proies-prédateurs du milieu d’origine. Ces principes ont été
appliqués à maintes reprises à travers le monde. Dès 1881, aux États-Unis,
on acclimatait le Diptère Braconide Apanteles glomeratus pour lutter contre
un parasite du chou malencontreusement introduit. À l’heure actuelle pas
moins de 95 espèces (81 espèces de parasites, 14 espèces de prédateurs des
insectes) constituant des « pestes » aux États-Unis ont fait l’objet de telles
acclimatations ; 390 autres espèces ont fait l’objet d’introductions non
couronnées de succès (Clausen, 1956). Des essais similaires ont été
entrepris dans les autres parties du monde. Il est à souhaiter que cette lutte
biologique soit continuée et amplifiée, après de très soigneux travaux
préliminaires toutefois, car l’introduction d’un élément exogène dans une
faune est toujours à entreprendre avec précaution. Bien menée, cette lutte
constitue néanmoins un des moyens efficaces de contrôle des populations
de « pestes ».
L’introduction de maladies des insectes est également susceptible de
donner de bons résultats. Divers micro-organismes, virus, Bactéries,
Champignons
111
, Protistes et même Nématodes sont susceptibles de
déterminer des maladies des insectes et ont fait l’objet de recherches pour
contrôler les pestes. Les virus
112
, souvent très efficaces, et les Bactéries ont
l’avantage d’être cultivés sans frais (contrairement aux insectes qui
nécessitent un élevage coûteux en insectarium avant d’être libérés), de
pouvoir être répandus en pulvérisations comme un insecticide et d’être
spécifiques des insectes. Des résultats encourageants ont notamment été
obtenus dans le cas des larves du Coléoptère Rutélide Popillia japonica et
du Hanneton Melolontha melolontha que l’on détruit en leur communiquant
des « maladies laiteuses ». Le Bacille Bacillus thurigiensis a fait l’objet
d’utilisation contre les chenilles de divers Lépidoptères ; son action
présente la particularité de ne pas infecter les insectes, mais de les tuer par
la sécrétion de toxines spécifiques, sans action sur l’homme et les autres
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