propre du terme, car cette forme de pollution est maintenant devenue
globale.
L’alarme a tout d’abord été donnée par les biologistes ; ils furent pris
pour de doux rêveurs préoccupés de la protection de végétaux et d’animaux
jugés sans intérêt par le reste de l’humanité. Mais devant l’étendue du péril,
l’opinion publique s’est émue à son tour, suivie par les pouvoirs politiques.
Le déversement inconsidéré de poisons violents en quantités croissantes sur
des aires de plus en plus considérables, aussi bien sur les champs que sur les
étendues qui ont conservé un équilibre proche des conditions naturelles, fait
maintenant courir des dangers très graves à la nature et même à l’homme,
comme le laisse pressentir un faisceau de constatations.
Il convient donc sans tarder de prendre des mesures strictes contre
l’abus des produits toxiques utilisés dans la lutte antiparasitaire, bien qu’on
ne puisse actuellement en proscrire l’usage. L’homme a provoqué un
déséquilibre pour assurer sa subsistance. Avec le champ, il a créé un milieu
entièrement artificiel, le seul qui puisse lui assurer sa subsistance ; il a
multiplié ipso facto les animaux déprédateurs dont il ne pourra contrôler la
pullulation que par des moyens artificiels. L’usage des insecticides est entré
dans la pratique agricole ; il n’en sortira pas, car il s’intègre dans tout un
ensemble de pratiques concertées dont dépend le rendement de la
production agricole. Un moyen naturel ne permettra pas de contrôler la
pullulation de nuisibles dans un milieu artificiel.
Mais nous devons chercher de nouveaux moyens de lutte.
Un des premiers à préconiser est la lutte biologique
108
, avant tout par
l’intermédiaire des ennemis naturels autochtones des déprédateurs. Chaque
insecte est accompagné dans son aire d’habitat originelle d’un certain
nombre d’Arthropodes prédateurs qui en limitent les populations
109
. Or un
traitement par insecticides a pour effet de tuer aussi bien les uns que les
autres, ce qui entraîne de graves perturbations dans les équilibres et souvent
une pullulation ultérieure des parasites. Il en est de même des oiseaux qui
font tous, et principalement les Passereaux entomophages, d’énormes
consommations d’insectes surtout au moment de la nidification. Les
quantités de parasites ainsi détruites ne sont nullement négligeables comme
le laissent entendre certains, les oiseaux ayant en quelque sorte dans les
écosystèmes terrestres le rôle de limiter en partie les populations
d’Arthropodes
110
. Ceci ne vaut cependant que dans les habitats conservés
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