Fig. 38. Concentration le long des chaînes alimentaires de l’insecticide
(DDT) répandu sur les arbres.
Le danger le plus grand consiste cependant en une concentration des
substances toxiques le long des chaînes alimentaires. Il n’y a en effet pas
toujours ingestion ou contact direct de la victime avec le pesticide ; celui-ci
est absorbé par un être vivant dans l’organisme duquel il se concentre, sans
occasionner de troubles sérieux par suite d’une forte résistance spécifique ;
il passe ensuite dans le corps d’un autre animal prédateur du premier, qu’il
est susceptible d’intoxiquer si celui-ci est sensible aux doses en question.
Le cas le mieux connu est celui des Turdidés, et notamment du Merle
migrateur américain Turdus migratorius (Barker, 1958). Des épandages
massifs de DDT ont été effectués aux États-Unis pour protéger les ormes de
la maladie transmise par des insectes qui les déciment. La fraction de DDT
tombée sur le sol est ingérée par des Lombrics, très peu sensibles au DDT,
mais qui le concentrent dans leurs tissus. Or les Merles, en consommant ces
Vers en abondance, ingèrent donc, très longtemps après le traitement, de
grandes quantités de substances toxiques auxquelles leur cerveau et leur
système nerveux sont particulièrement sensibles (fig. 38). La mort survient
après des paralysies locomotrices et des convulsions, sans que rien ne
puisse empêcher l’issue fatale. La mortalité parmi les Merles migrateurs est
très élevée, et peut atteindre 86 % dans certains cas, après une période de
latence de 3 semaines suivant le traitement. Certains ornithologues n’ont
pas craint d’avancer que cette espèce pourtant si commune en Amérique du
Nord risque actuellement d’avoir un sort comparable à celui du Pigeon
migrateur. Au moins 140 espèces d’oiseaux sont connues aux États-Unis
comme étant victimes des effets des pesticides, principalement du fait de la
concentration le long des chaînes alimentaires. Il est cependant difficile de
rapporter la diminution de certaines populations d’oiseaux à ces seuls effets,
car d’autres facteurs viennent s’ajouter (transformation des habitats,
fluctuations naturelles des populations).
(DDT) répandu sur les arbres.
Le danger le plus grand consiste cependant en une concentration des
substances toxiques le long des chaînes alimentaires. Il n’y a en effet pas
toujours ingestion ou contact direct de la victime avec le pesticide ; celui-ci
est absorbé par un être vivant dans l’organisme duquel il se concentre, sans
occasionner de troubles sérieux par suite d’une forte résistance spécifique ;
il passe ensuite dans le corps d’un autre animal prédateur du premier, qu’il
est susceptible d’intoxiquer si celui-ci est sensible aux doses en question.
Le cas le mieux connu est celui des Turdidés, et notamment du Merle
migrateur américain Turdus migratorius (Barker, 1958). Des épandages
massifs de DDT ont été effectués aux États-Unis pour protéger les ormes de
la maladie transmise par des insectes qui les déciment. La fraction de DDT
tombée sur le sol est ingérée par des Lombrics, très peu sensibles au DDT,
mais qui le concentrent dans leurs tissus. Or les Merles, en consommant ces
Vers en abondance, ingèrent donc, très longtemps après le traitement, de
grandes quantités de substances toxiques auxquelles leur cerveau et leur
système nerveux sont particulièrement sensibles (fig. 38). La mort survient
après des paralysies locomotrices et des convulsions, sans que rien ne
puisse empêcher l’issue fatale. La mortalité parmi les Merles migrateurs est
très élevée, et peut atteindre 86 % dans certains cas, après une période de
latence de 3 semaines suivant le traitement. Certains ornithologues n’ont
pas craint d’avancer que cette espèce pourtant si commune en Amérique du
Nord risque actuellement d’avoir un sort comparable à celui du Pigeon
migrateur. Au moins 140 espèces d’oiseaux sont connues aux États-Unis
comme étant victimes des effets des pesticides, principalement du fait de la
concentration le long des chaînes alimentaires. Il est cependant difficile de
rapporter la diminution de certaines populations d’oiseaux à ces seuls effets,
car d’autres facteurs viennent s’ajouter (transformation des habitats,
fluctuations naturelles des populations).
