Fig. 39. Concentration le long des chaînes alimentaires de l’insecticide
(DDD) répandu sur le Clear Lake, Californie. Voir explications dans le
texte.
Une telle concentration de substances toxiques s’opère également dans
les biocénoses aquatiques le long des chaînes alimentaires allant des
organismes planctoniques aux Poissons, puis aux oiseaux d’eau. C’est
notamment ce qu’ont démontré Hunt et Bischoff(1960) dans le cas d’un lac
de Californie (Clear Lake) traité au DDD (ou TDE, substance voisine du
DDT) à partir de 1949 pour détruire les larves de Moustiques (fig. 39).
Appliqué à la dose d’une partie pour 70 millions, le produit se concentra en
passant du milieu liquide au plancton (5 pour 1 million), puis aux Poissons
planctonophages et aux Poissons carnivores, avant d’atteindre les oiseaux
piscivores (Grèbes) à des doses variant de 40 à 2 500 parties pour un
million et provoquer une mortalité très élevée parmi leurs populations.
L’analyse de la chair des Poissons révéla des doses considérables de DDD
et de ses produits de dégradation, que l’on peut ainsi rendre responsables de
la mort des oiseaux prédateurs
98
.
Des quelque 1 000 couples de Grèbes nicheurs, il n’en subsista qu’une
vingtaine qui paraissaient stériles. De 1958 à 1963, un seul jeune fut
observé sur le lac.
Notons que, depuis, on a supprimé les applications de DDD, aux effets
persistants, et remplacé ce produit par du méthyl-parathion rapidement
dégradable. On entreprit surtout un vaste programme de lutte biologique en
acclimatant des Poissons se nourrissant de larves de Moustiques
(Mississippi Silverside), qui redonnèrent vie aux eaux lacustres. Les Grèbes
s’y établirent à nouveau et, en 1969, 82 jeunes y furent élevés, soit 4 fois
plus que l’année précédente. Il conviendra d’introduire des Poissons
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