se garder de proscrire actuellement l’usage des produits de synthèse, en
raison de leurs insignes services dans le domaine médical et agricole ; mais
on doit reconnaître que ce qui aurait pu être un moyen de lutte efficace, s’il
avait été raisonnablement employé, est devenu un véritable fléau aux
conséquences multiples, affectant l’ensemble des équilibres naturels. Ce fait
provient autant de la toxicité des produits employés que de la généralisation
de leur emploi en quantités croissantes.
a) Toxicité vis-à-vis des animaux
Les insecticides, dont l’action n’est pour ainsi dire jamais sélective,
ont à des degrés divers des propriétés toxiques vis-à-vis de l’ensemble des
animaux. Tous les Insectes sont à un titre variable sensibles à ces produits,
qui détruisent donc indistinctement l’entomofaune des aires traitées, y
compris les Insectes utiles. En France, lors du traitement contre les
Hannetons d’une vaste aire par l’HCH, on a constaté que l’on détruisait
simultanément 48 % des espèces de Diptères, 21 % des Hyménoptères,
14 % des Coléoptères, 15 % des Hémiptères et 2 % des Papillons (Grison et
Lhoste, 1960). Il se produit très souvent de ce fait des changements
d’équilibre entre les différentes espèces, dont les conséquences sont
contraires à l’effet recherché. Les Insectes entomophages (parmi lesquels
figurent de nombreuses espèces utiles s’attaquant aux ravageurs des
cultures) sont fréquemment plus sensibles que les Insectes phytophages que
l’on veut détruire. Notons aussi que les Abeilles payent un lourd tribut aux
insecticides, notamment en Europe lors du traitement du colza sur lequel
ces insectes viennent butiner. En 1954, pas moins de 20 000 ruches ont été
ainsi entièrement détruites rien que dans la région parisienne. Depuis cette
époque, heureusement, une législation protège plus efficacement
l’apiculture en France, en obligeant de traiter les plantes mellifères par des
produits non toxiques vis-à-vis des Abeilles (toxaphène, diethion) et si
possible en dehors de la période de pleine floraison.
La plupart des insecticides se comportent également comme des
poisons dangereux vis-à-vis des autres animaux, parmi lesquels certains ont
une grande valeur économique. C’est en particulier ce qui arrive aux
animaux à sang froid au cours de la destruction des larves aquatiques de
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