elle aussi emparée de la question. Comme dans le cas de certains
médicaments modernes, des articles coiffés de gros titres ont exposé le
problème d’une manière spectaculaire, dramatique et définitive, alors que le
lecteur aurait mérité d’être informé d’une manière moins hâtive et plus
circonstanciée sur ce grave problème.
La question est en réalité extraordinairement complexe et il est très
difficile d’en avoir actuellement une vue sereine et objective. Trop
d’intérêts matériels et financiers – industrie chimique, production agricole –
et trop de sentimentalisme et de conclusions hâtives ou tendancieuses sont
venus embrouiller un problème sur lequel nous avons quand même
maintenant des informations provenant d’un nombre croissant
d’expériences et d’observations. Les conclusions ont souvent mené à des
positions extrêmes où l’impulsivité des uns s’est opposée aux intérêts
matériels des autres.
L’abus des pesticides a provoqué des désastres sur le plan biologique
et même sur les plans économique et sanitaire. Une fois de plus l’homme a
souvent agi avec légèreté en maniant des instruments de destruction
puissants.
Car c’est l’abus de ces produits qu’il faut proscrire, le principe même
de leur emploi raisonnable pouvant être admis. Il en est des pesticides
comme des drogues que l’homme ingère pour se guérir de ses maladies. La
plupart sont de dangereux poisons, qui tuent si l’on dépasse une certaine
dose, calculée en fonction de la nature du produit, de sa toxicité, et aussi de
l’état du patient. Il ne viendrait à l’idée de personne de prendre une dose 10
ou 100 fois supérieure aux prescriptions médicales, en pensant que le
médicament agira dix ou cent fois plus vite. C’est pourtant ce que l’homme
a fait dans le cas des pesticides, oubliant que la nature forme en quelque
sorte un corps vivant, souvent malade et toujours fragile, dans l’équilibre
duquel il convient d’agir avec la prudence d’un thérapeute. Cela ne doit pas
entraîner une condamnation de principe des pesticides, pas plus qu’il ne
viendrait à l’idée de condamner la pharmacopée sous prétexte que son
arsenal tue à des doses létales.
La nocivité des pesticides varie à l’infini. Il y a finalement autant de
problèmes que d’applications. Leur influence sur la nature varie en fonction
de la composition chimique des produits, de leurs conditions d’emploi et de
la biocénose dans laquelle ils agissent. Toute généralisation hâtive conduit
médicaments modernes, des articles coiffés de gros titres ont exposé le
problème d’une manière spectaculaire, dramatique et définitive, alors que le
lecteur aurait mérité d’être informé d’une manière moins hâtive et plus
circonstanciée sur ce grave problème.
La question est en réalité extraordinairement complexe et il est très
difficile d’en avoir actuellement une vue sereine et objective. Trop
d’intérêts matériels et financiers – industrie chimique, production agricole –
et trop de sentimentalisme et de conclusions hâtives ou tendancieuses sont
venus embrouiller un problème sur lequel nous avons quand même
maintenant des informations provenant d’un nombre croissant
d’expériences et d’observations. Les conclusions ont souvent mené à des
positions extrêmes où l’impulsivité des uns s’est opposée aux intérêts
matériels des autres.
L’abus des pesticides a provoqué des désastres sur le plan biologique
et même sur les plans économique et sanitaire. Une fois de plus l’homme a
souvent agi avec légèreté en maniant des instruments de destruction
puissants.
Car c’est l’abus de ces produits qu’il faut proscrire, le principe même
de leur emploi raisonnable pouvant être admis. Il en est des pesticides
comme des drogues que l’homme ingère pour se guérir de ses maladies. La
plupart sont de dangereux poisons, qui tuent si l’on dépasse une certaine
dose, calculée en fonction de la nature du produit, de sa toxicité, et aussi de
l’état du patient. Il ne viendrait à l’idée de personne de prendre une dose 10
ou 100 fois supérieure aux prescriptions médicales, en pensant que le
médicament agira dix ou cent fois plus vite. C’est pourtant ce que l’homme
a fait dans le cas des pesticides, oubliant que la nature forme en quelque
sorte un corps vivant, souvent malade et toujours fragile, dans l’équilibre
duquel il convient d’agir avec la prudence d’un thérapeute. Cela ne doit pas
entraîner une condamnation de principe des pesticides, pas plus qu’il ne
viendrait à l’idée de condamner la pharmacopée sous prétexte que son
arsenal tue à des doses létales.
La nocivité des pesticides varie à l’infini. Il y a finalement autant de
problèmes que d’applications. Leur influence sur la nature varie en fonction
de la composition chimique des produits, de leurs conditions d’emploi et de
la biocénose dans laquelle ils agissent. Toute généralisation hâtive conduit
