L’homme a également découvert que la lutte chimique pouvait lui
permettre d’éliminer des végétaux indésirables. Un grand nombre
d’herbicides ont été mis au point pour contrôler les plantes nuisibles, y
compris les Champignons ravageant les cultures (fongicides).
Jusqu’en des temps relativement récents, ces substances appartenaient
toutes, ou presque toutes, au domaine de la chimie minérale, et la célèbre
« bouillie bordelaise », à base de sulfate de cuivre, dont les viticulteurs
aspergeaient leurs vignes pour les protéger des maladies parasitaires en est
un exemple classique. Les produits à base d’arsenic – encore en usage – ont
également une longue histoire dans la lutte contre les Insectes.
Bientôt cependant, grâce aux progrès sensationnels réalisés en chimie
organique, l’homme eut à sa disposition une infinité de corps synthétiques
d’une bien plus grande efficacité. Le dichlorodiphényltrichloréthane, connu
sous sa classique abréviation de DDT, mis au point et lancé en 1942, fait en
quelque sorte figure de précurseur (bien qu’étant encore le plus employé de
tous les insecticides ; sa production aux États-Unis dépasse celle des
principaux autres insecticides réunis) dans un domaine où les découvertes
nouvelles furent et sont encore rapides
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. Il est en fait le premier d’une
longue série de substances dont le nombre se multiplie à une vitesse
accélérée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Rien qu’aux ÉtatsUnis, 58 831 marques différentes de pesticides – nom général sous lequel
on désigne les substances chimiques employées dans la lutte contre les
« pestes » animales ou végétales portant préjudice à l’homme et à ses
cultures – furent officiellement enregistrées en 1966-1967 sous leurs noms
commerciaux (contre 7 851 en 1960) et chaque année de nouveaux produits
font l’objet de brevets. Les quantités utilisées en 1966 représentent
587 millions de dollars, et passeront vraisemblablement un milliard de
dollars en 1976 ; 350 millions de livres de pesticides sont répandues
annuellement sur à peu près 35 à 40 millions d’hectares de terres cultivées.
On remarquera toutefois que ces surfaces, considérables en valeur absolue,
ne représentent qu’une fraction du territoire national des États-Unis, soit
pour 1962 15 % des surfaces cultivées, 0,28 % des forêts et 0,25 % des
prairies, en tout 4,62 % de la surface du pays. Si l’Amérique du Nord est
largement en tête en ce qui concerne la lutte chimique, beaucoup d’autres
pays la suivent de près, en particulier l’Europe occidentale.
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