remembrements agricoles qui posent des problèmes géomorphologiques
graves s’ils sont faits d’une manière inconsidérée.
Cette conception de l’équilibre a d’ailleurs permis de restaurer
certaines régions du monde reboisées et reconverties en prairies sur de
larges surfaces, en même temps que des pratiques culturales conservatrices
étaient imposées aux agriculteurs. Les exemples pourraient être multipliés.
L’un des plus classiques est celui de la Tennessee Valley aux États-Unis.
Cette vallée avait été ravagée par le déboisement et les mauvaises pratiques
culturales. Sous la direction de David E. Lilienthal a été créé, en 1935, un
organisme autonome, la Tennessee Valley Authority, souvent connue sous
son sigle TVA, qui réalisa une œuvre de restauration gigantesque, basée sur
d’innombrables recherches scientifiques préalables, premier vaste
programme de développement intégré. Grâce à des capitaux avancés par
l’État, cet organisme a aménagé entièrement ce territoire, n’y construisant
pas moins d’une quarantaine de barrages bien disposés, producteurs
d’électricité et régulateurs des rivières. Un grand développement agricole a
été rendu possible, en même temps que l’érosion accélérée était arrêtée. Le
développement harmonieux de cette région a été rendu possible grâce à
l’application de principes d’une logique élémentaire : l’équilibre entre les
différentes productions naturelles et l’utilisation des terres en fonction de
leur vocation propre.
C’est vers une telle compréhension que l’on doit tendre actuellement.
Les programmes d’aménagement des territoires et de rénovation agricole
ont pour but d’assurer une meilleure utilisation des terres, basée sur des
enquêtes écologiques complexes auxquelles doivent se livrer au préalable
des équipes de spécialistes appartenant aux disciplines les plus diverses.
Nous aurons l’occasion de revenir sur ce point.
Notons aussi que la construction de voies de communication, en
entaillant les pentes, l’implantation d’ouvrages d’art (ponts, etc.), sans
compter l’extension des villes, des agglomérations, des terrains d’aviation,
ont elles aussi infligé des traumatismes aux couches superficielles de
l’écorce terrestre, amorces de processus érosifs souvent graves.
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