notamment en Algérie. Des organismes internationaux assurent
l’indispensable coordination, favorisent les échanges de documentation et
préparent des programmes de recherches. Des résultats heureux se sont fait
sentir, et une exploitation des terres basée sur des connaissances beaucoup
plus approfondies a commencé dans maintes régions.
Par ailleurs les exploitants agricoles s’aperçoivent maintenant d’un fait
fondamental, que les biologistes connaissent cependant depuis Aristote :
l’extraordinaire diversité des habitats naturels à travers le monde, où chaque
district comporte un couvert végétal et un peuplement animal en rapport
étroit avec la nature géologique de son sol et son climat. Cette leçon a été
négligée pendant longtemps, et l’on a cru que les mêmes méthodes
pouvaient assurer partout les mêmes rendements quels que soient les
facteurs physiques du milieu. On s’aperçoit aussi que si certaines zones ont
une nette vocation agricole et sont donc susceptibles d’être mises en
culture, même si le naturaliste doit le regretter, d’autres aires ne peuvent pas
être modifiées, du moins dans l’état actuel de nos connaissances, sans
risquer de les ruiner d’une manière irrémédiable. Ces zones marginales
doivent être conservées dans leur état actuel et l’homme ne peut
qu’exploiter dans une certaine mesure leurs productions naturelles (par
exemple le bois et le gibier).
Ces conceptions ont mené les spécialistes américains à classer les sols
en huit catégories, formant en réalité une série continue, selon la nature des
terres (composition physique et chimique), leur pente, leur degré d’érosion,
le climat et la nature de l’exploitation. Les trois premières comprennent les
terrains propres à la culture (avec ou sans procédés spéciaux) ; la quatrième
comprend les terrains où la culture momentanée mais non permanente est
possible ; les trois suivantes sont constituées par des terres impropres à la
culture, mais où l’exploitation du couvert végétal naturel ou aménagé peut
être entreprise avec ou sans précautions spéciales (pâturages, forêts,
landes) ; la dernière est constituée par des terrains improductifs pour
l’homme au moins en ce qui concerne l’agriculture. Cette classification a
été adoptée après aménagements par la plupart des spécialistes dans le
monde. Elle permet de dresser une carte des vocations des terres,
malheureusement encore à établir pour la majeure partie de la surface du
globe.
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