agricole à travers le monde, le chancre de l’érosion a mordu largement sur
la planète. Les terres devenues improductives, le nombre des
consommateurs en forte augmentation, la pression des spéculateurs se
faisant de plus en plus forte, de nouvelles zones sont sans cesse défrichées.
Partout le « front » des cultures avance comme une vague qui déferle à
travers les zones demeurées jusqu’à présent peu touchées ; il laisse derrière
lui des paysages désolés, des sols marqués d’escarres ou de profondes
blessures et une économie en ruine tandis que les tornades achèvent
d’enlever la terre en traînées de boue ou en tourbillons de poussière. Le
Bassin méditerranéen a depuis longtemps perdu une bonne partie de ses
potentialités agricoles. Les grandes plaines de l’Amérique du Nord ont vu
leur surface « utile » se réduire dans des proportions inquiétantes. En
Amérique latine, les phénomènes d’érosion ont atteint une importance telle
qu’ils posent de graves problèmes sociaux et économiques ; et pourtant on
continue, en utilisant les mêmes procédés, à « mettre en valeur » les
territoires demeurés sauvages.
L’Afrique tropicale est ravagée par l’érosion sur une large partie de sa
surface, par les effets conjugués de la déforestation rapide, de la mauvaise
gestion des sols par les Africains et par la mise en culture en vue de
productions destinées à l’exportation, sans profit pour l’économie
biologique locale. L’Asie suit lentement une courbe descendante, bien que
l’évolution, amorcée depuis des millénaires, y soit plus lente qu’ailleurs.
Il ne s’agit donc pas d’un problème local, propre à n’intéresser que
quelques savants de laboratoire. L’existence même de l’homme sur la terre
est en jeu et un mal qui s’étend sur d’immenses territoires préoccupe les
économistes tout comme les agronomes et les médecins.
Cette situation a néanmoins provoqué des réactions salutaires de la
part des hommes. La pédologie, ou science des sols, née en Russie dans sa
forme rationnelle vers la fin du siècle dernier seulement, a pris une énorme
importance à l’heure actuelle. Chaque pays possède maintenant des
organismes chargés de recherches sur les sols, leur nature et leur évolution,
et sur les procédés permettant à la fois leur conservation et leur exploitation.
Les États-Unis par exemple ont créé un service aux moyens très puissants
(Soil Conservation Service, Department of Agriculture) ; en France et dans
les pays francophones, ces services, souvent connus sous le sigle de DRS
(défense et restauration des sols), ont fait un travail considérable,
la planète. Les terres devenues improductives, le nombre des
consommateurs en forte augmentation, la pression des spéculateurs se
faisant de plus en plus forte, de nouvelles zones sont sans cesse défrichées.
Partout le « front » des cultures avance comme une vague qui déferle à
travers les zones demeurées jusqu’à présent peu touchées ; il laisse derrière
lui des paysages désolés, des sols marqués d’escarres ou de profondes
blessures et une économie en ruine tandis que les tornades achèvent
d’enlever la terre en traînées de boue ou en tourbillons de poussière. Le
Bassin méditerranéen a depuis longtemps perdu une bonne partie de ses
potentialités agricoles. Les grandes plaines de l’Amérique du Nord ont vu
leur surface « utile » se réduire dans des proportions inquiétantes. En
Amérique latine, les phénomènes d’érosion ont atteint une importance telle
qu’ils posent de graves problèmes sociaux et économiques ; et pourtant on
continue, en utilisant les mêmes procédés, à « mettre en valeur » les
territoires demeurés sauvages.
L’Afrique tropicale est ravagée par l’érosion sur une large partie de sa
surface, par les effets conjugués de la déforestation rapide, de la mauvaise
gestion des sols par les Africains et par la mise en culture en vue de
productions destinées à l’exportation, sans profit pour l’économie
biologique locale. L’Asie suit lentement une courbe descendante, bien que
l’évolution, amorcée depuis des millénaires, y soit plus lente qu’ailleurs.
Il ne s’agit donc pas d’un problème local, propre à n’intéresser que
quelques savants de laboratoire. L’existence même de l’homme sur la terre
est en jeu et un mal qui s’étend sur d’immenses territoires préoccupe les
économistes tout comme les agronomes et les médecins.
Cette situation a néanmoins provoqué des réactions salutaires de la
part des hommes. La pédologie, ou science des sols, née en Russie dans sa
forme rationnelle vers la fin du siècle dernier seulement, a pris une énorme
importance à l’heure actuelle. Chaque pays possède maintenant des
organismes chargés de recherches sur les sols, leur nature et leur évolution,
et sur les procédés permettant à la fois leur conservation et leur exploitation.
Les États-Unis par exemple ont créé un service aux moyens très puissants
(Soil Conservation Service, Department of Agriculture) ; en France et dans
les pays francophones, ces services, souvent connus sous le sigle de DRS
(défense et restauration des sols), ont fait un travail considérable,
