pas des temps actuels, car il est certain que l’homme primitif, qu’il fût
chasseur, pasteur ou agriculteur nomade, a commencé la transformation des
habitats, souvent sur une très grande échelle grâce au feu, moyen aux effets
hors de proportion avec la technicité encore rudimentaire de l’humanité à
ses débuts.
Mais le problème a pris à notre époque des proportions de prime abord
insoupçonnables. Des besoins croissants en bois, l’établissement de
plantations industrielles, l’abandon des méthodes agricoles conservatrices
au profit de celles qui assurent un profit immédiat, fût-il sans lendemain, la
colonisation du monde entier par la civilisation de type « occidental », ont
généralisé le mal à travers la planète et ont accéléré les processus d’érosion
dans des proportions gigantesques. Le cultivateur cesse d’être un paysan
pour devenir un homme d’affaires, comme la destruction du paysage rural
traditionnel, en particulier du bocage, fruit d’une évolution millénaire sous
une influence humaine modérée, le démontre avec éloquence. L’évolution
économique et politique de certains continents entiers – spécialement
l’Afrique, mais aussi l’Amérique tropicale – fait que les nouvelles nations
cherchent désespérément à développer leurs ressources pour entrer dans le
grand concert des pays « modernes ». Cela risque de se faire au détriment
de leur sol. Et cette évolution a lieu à un moment où une partie importante
de la superficie cultivable est déjà ruinée et où la population humaine passe
par une crise démographique d’une ampleur encore inégalée depuis
l’apparition de l’homme sur la terre.
Le « protecteur de la nature » a pu regretter la transformation des
habitats sauvages, entraînant la disparition ou du moins la raréfaction des
espèces animales et végétales qui font la joie du naturaliste. Mais
l’économiste, l’agriculteur et l’industriel n’ont malheureusement pas tardé à
se joindre à lui quand ils ont vu les territoires mis en exploitation devenir
stériles au bout de quelques années, les terres s’en aller, entraînées par le
vent ou les pluies, et la roche apparaître, nue, sur les cuirasses de latérite ou
les collines entaillées de ravins.
Les processus d’érosion une fois lancés, il se produit, nous l’avons vu,
une accélération du phénomène, une sorte d’autodestruction de la nature, où
l’atmosphère, l’eau et la terre réagissent les uns sur les autres pour aboutir à
une stérilisation totale des régions où l’homme a imprudemment provoqué
une rupture de l’équilibre naturel. S’il reste des zones à haute productivité
chasseur, pasteur ou agriculteur nomade, a commencé la transformation des
habitats, souvent sur une très grande échelle grâce au feu, moyen aux effets
hors de proportion avec la technicité encore rudimentaire de l’humanité à
ses débuts.
Mais le problème a pris à notre époque des proportions de prime abord
insoupçonnables. Des besoins croissants en bois, l’établissement de
plantations industrielles, l’abandon des méthodes agricoles conservatrices
au profit de celles qui assurent un profit immédiat, fût-il sans lendemain, la
colonisation du monde entier par la civilisation de type « occidental », ont
généralisé le mal à travers la planète et ont accéléré les processus d’érosion
dans des proportions gigantesques. Le cultivateur cesse d’être un paysan
pour devenir un homme d’affaires, comme la destruction du paysage rural
traditionnel, en particulier du bocage, fruit d’une évolution millénaire sous
une influence humaine modérée, le démontre avec éloquence. L’évolution
économique et politique de certains continents entiers – spécialement
l’Afrique, mais aussi l’Amérique tropicale – fait que les nouvelles nations
cherchent désespérément à développer leurs ressources pour entrer dans le
grand concert des pays « modernes ». Cela risque de se faire au détriment
de leur sol. Et cette évolution a lieu à un moment où une partie importante
de la superficie cultivable est déjà ruinée et où la population humaine passe
par une crise démographique d’une ampleur encore inégalée depuis
l’apparition de l’homme sur la terre.
Le « protecteur de la nature » a pu regretter la transformation des
habitats sauvages, entraînant la disparition ou du moins la raréfaction des
espèces animales et végétales qui font la joie du naturaliste. Mais
l’économiste, l’agriculteur et l’industriel n’ont malheureusement pas tardé à
se joindre à lui quand ils ont vu les territoires mis en exploitation devenir
stériles au bout de quelques années, les terres s’en aller, entraînées par le
vent ou les pluies, et la roche apparaître, nue, sur les cuirasses de latérite ou
les collines entaillées de ravins.
Les processus d’érosion une fois lancés, il se produit, nous l’avons vu,
une accélération du phénomène, une sorte d’autodestruction de la nature, où
l’atmosphère, l’eau et la terre réagissent les uns sur les autres pour aboutir à
une stérilisation totale des régions où l’homme a imprudemment provoqué
une rupture de l’équilibre naturel. S’il reste des zones à haute productivité
