est pas moins vrai que dans la mesure du possible les intérêts de la
conservation de la nature doivent également être pris en considération. Des
sites ont été définitivement abîmés sans aucun profit pour l’homme.
L’aménagement d’un barrage ne consiste pas seulement en la construction
d’un mur de maçonnerie et de quelques centrales électriques ; il implique
tout autant l’étude des conditions hydrologiques et du taux d’érosion de tout
le bassin. Nous avons évoqué ailleurs ces problèmes, dont le manque de
prise en considération a parfois entraîné des catastrophes. La construction
d’un barrage aux incidences à court et long terme souvent incalculables doit
être conçue comme une partie de vastes plans d’aménagement du territoire,
où la conservation des sites et des habitats naturels a sa place. S’il est
impensable de renoncer à la construction d’ouvrages hydroélectriques (bien
que d’autres sources d’énergie soient bientôt disponibles), il faut préserver
un certain nombre de paysages à travers le monde, quitte à renoncer à une
fraction de profits matériels vite compensés par ailleurs
80
.
Ces exemples montrent que l’homme doit une fois de plus s’intégrer
dans un équilibre naturel au lieu d’entreprendre la destruction systématique
de types d’habitats très caractéristiques, d’une grande importance pour
l’homme moderne et d’une valeur incalculable pour la préservation d’une
partie notable de la faune et de la flore mondiales. La diminution
progressive des zones humides rend les préoccupations des conservateurs
de la nature particulièrement d’actualité à l’heure présente
81
.
9. L’érosion aura-t-elle raison de l’homme
Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous
sommes mortelles.
Paul Valéry
Variété I, « La crise de l’esprit », 1 re lettre
La superficie des sols cultivables se trouve donc réduite d’année en
année par suite de la mauvaise gestion de ce capital d’une valeur
inestimable pour l’homme. La dégradation inconsidérée des terres ne date
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