nombreux pays, les plans d’assèchement des marais se sont révélés
improductifs et ont mené à la création de terrains de culture inutiles
77
.
Il en est de même de certains vastes programmes de transformation et
d’aménagement de bassins fluviaux pris dans leur ensemble. C’est
notamment ce qui se passe pour la Volga, dont 50 % des eaux sont
maintenant retenus par des barrages destinés à la production d’énergie
électrique et à l’irrigation de districts jusqu’à présent arides. Cela a entraîné
une évaporation considérable au niveau des zones irriguées, qui ont reçu en
définitive moins d’eau que ne l’escomptaient les auteurs du projet. De plus,
cela a provoqué une baisse du niveau de la mer Caspienne (1,8 m entre
1929 et 1946, bien plus depuis) et un assèchement progressif du delta de la
Volga. Ces modifications ont eu de profondes répercussions sur les habitats
et, partant, sur la faune et la flore de cette région d’un très grand intérêt
pour le biologiste ; mais elles ont également provoqué une réduction du
rendement des pêcheries et de la production de caviar (les trois quarts de la
production russe proviennent de la Volga), d’une grande importance
économique ; en 1957, les captures dans la mer Caspienne ont baissé de
65 % par rapport à 1917 (l’esturgeon a baissé de 50 % depuis 1913). Un
complexe d’une incroyable richesse est en train de disparaître sous nos yeux
par suite d’une série d’erreurs de la part de l’homme (Curry-Lindahl,
L’Europe, Paris, 1966).
Des constatations analogues ont été faites à la suite de la construction
du barrage d’Assouan, sur le Nil. La production d’énergie électrique et le
contrôle du débit du fleuve sont sans doute à inscrire à l’actif de l’opération.
Mais il existe un passif dont l’importance avait été sous-estimée faute
d’études écologiques. Les plantes aquatiques ont envahi les bords du lac de
barrage, augmentant les pertes d’eau par leur transpiration et par le
changement des conditions d’évaporation dans les zones peu profondes. Par
ailleurs le barrage a profondément modifié le dépôt des limons dont
l’arrivée ne compense plus l’érosion par les eaux dans la basse vallée du
Nil. Il en résulte une érosion accélérée et une perte des rendements, peutêtre supérieure au gain provenant de l’extension des cultures dans la haute
vallée. Les terres nouvellement irriguées ne se sont pas toujours révélées
propices à l’agriculture, notamment du fait de remontées de sels
consécutives à l’irrigation. Le changement du régime des eaux a provoqué
la multiplication de Mollusques vecteurs de schistosomiase, dont souffrent
improductifs et ont mené à la création de terrains de culture inutiles
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.
Il en est de même de certains vastes programmes de transformation et
d’aménagement de bassins fluviaux pris dans leur ensemble. C’est
notamment ce qui se passe pour la Volga, dont 50 % des eaux sont
maintenant retenus par des barrages destinés à la production d’énergie
électrique et à l’irrigation de districts jusqu’à présent arides. Cela a entraîné
une évaporation considérable au niveau des zones irriguées, qui ont reçu en
définitive moins d’eau que ne l’escomptaient les auteurs du projet. De plus,
cela a provoqué une baisse du niveau de la mer Caspienne (1,8 m entre
1929 et 1946, bien plus depuis) et un assèchement progressif du delta de la
Volga. Ces modifications ont eu de profondes répercussions sur les habitats
et, partant, sur la faune et la flore de cette région d’un très grand intérêt
pour le biologiste ; mais elles ont également provoqué une réduction du
rendement des pêcheries et de la production de caviar (les trois quarts de la
production russe proviennent de la Volga), d’une grande importance
économique ; en 1957, les captures dans la mer Caspienne ont baissé de
65 % par rapport à 1917 (l’esturgeon a baissé de 50 % depuis 1913). Un
complexe d’une incroyable richesse est en train de disparaître sous nos yeux
par suite d’une série d’erreurs de la part de l’homme (Curry-Lindahl,
L’Europe, Paris, 1966).
Des constatations analogues ont été faites à la suite de la construction
du barrage d’Assouan, sur le Nil. La production d’énergie électrique et le
contrôle du débit du fleuve sont sans doute à inscrire à l’actif de l’opération.
Mais il existe un passif dont l’importance avait été sous-estimée faute
d’études écologiques. Les plantes aquatiques ont envahi les bords du lac de
barrage, augmentant les pertes d’eau par leur transpiration et par le
changement des conditions d’évaporation dans les zones peu profondes. Par
ailleurs le barrage a profondément modifié le dépôt des limons dont
l’arrivée ne compense plus l’érosion par les eaux dans la basse vallée du
Nil. Il en résulte une érosion accélérée et une perte des rendements, peutêtre supérieure au gain provenant de l’extension des cultures dans la haute
vallée. Les terres nouvellement irriguées ne se sont pas toujours révélées
propices à l’agriculture, notamment du fait de remontées de sels
consécutives à l’irrigation. Le changement du régime des eaux a provoqué
la multiplication de Mollusques vecteurs de schistosomiase, dont souffrent
