Au point de vue de la végétation, l’un des milieux humides les plus
menacés est sans doute celui que constituent les tourbières et les landes
tourbeuses. Ces sites d’une grande richesse botanique et d’une originalité
biogéographique certaine sont considérés avec irritation par les agriculteurs
comme par les économistes. Ils abritent pourtant une flore remarquable,
comprenant beaucoup d’espèces étroitement adaptées au milieu, souvent
endémiques ou relictuelles, les tourbières ayant constitué des refuges où se
sont conservées des espèces aux aires largement disjointes. La
transformation même limitée de ce milieu hautement spécialisé entraîne la
disparition de toute cette flore sans équivalent dans d’autres habitats (voir
notamment M. Bournerias, Rev. Soc. Sav. Haute-Normandie Sci., 37, 1065).
La conservation des milieux aquatiques revêt une importance toute
particulière dans le cas de la sauvagine migratrice. Dans l’ensemble les
populations d’oiseaux d’eau sont beaucoup plus faibles qu’on ne le croit
généralement. L’International Wildfowl Research Bureau, après des années
de dénombrements de populations de Palmipèdes à travers l’Europe, signale
ainsi que les populations d’Oies rieuses hivernant en Europe occidentale ne
comptent pas plus de 70 000 individus ; que l’effectif mondial de l’Oie à
bec court est de 40 000 individus, celui de la Bernache nonnette de 30 000 ;
et que la population européenne de la Bernache cravant ne dépasse pas
20 000 sujets.
La plupart de ces Palmipèdes nichent sur des aires immenses dans les
toundras du Grand Nord où ils sont relativement protégés, du fait de leur
large dispersion et du peu de modifications apportées par l’homme à leur
habitat. Mais tous sont migrateurs et dès la mauvaise saison viennent se
réfugier dans des aires plus méridionales. Au contraire de ce qui se passe
pendant la saison de reproduction, leurs populations se concentrent alors sur
des aires très limitées, utilisées soit comme étapes de migration, soit comme
territoires d’hivernage. Les Canards et les Oies nichant de l’Islande et du
nord de l’Europe jusqu’en Sibérie occidentale viennent ainsi séjourner ou
hiverner dans un certain nombre de zones privilégiées réparties sur l’Europe
occidentale et sur l’Afrique tropicale. Leurs concentrations peuvent alors
être considérables. Aux Pays-Bas, on estime qu’il n’est pas exceptionnel de
trouver de 500 000 à 600 000 oiseaux migrateurs sur les étendues de vases
du Waddensee dans l’île de Vlieland. De très fortes concentrations
s’observent dans la baie de l’Aiguillon, sur la côte de Vendée. Il en est de
menacés est sans doute celui que constituent les tourbières et les landes
tourbeuses. Ces sites d’une grande richesse botanique et d’une originalité
biogéographique certaine sont considérés avec irritation par les agriculteurs
comme par les économistes. Ils abritent pourtant une flore remarquable,
comprenant beaucoup d’espèces étroitement adaptées au milieu, souvent
endémiques ou relictuelles, les tourbières ayant constitué des refuges où se
sont conservées des espèces aux aires largement disjointes. La
transformation même limitée de ce milieu hautement spécialisé entraîne la
disparition de toute cette flore sans équivalent dans d’autres habitats (voir
notamment M. Bournerias, Rev. Soc. Sav. Haute-Normandie Sci., 37, 1065).
La conservation des milieux aquatiques revêt une importance toute
particulière dans le cas de la sauvagine migratrice. Dans l’ensemble les
populations d’oiseaux d’eau sont beaucoup plus faibles qu’on ne le croit
généralement. L’International Wildfowl Research Bureau, après des années
de dénombrements de populations de Palmipèdes à travers l’Europe, signale
ainsi que les populations d’Oies rieuses hivernant en Europe occidentale ne
comptent pas plus de 70 000 individus ; que l’effectif mondial de l’Oie à
bec court est de 40 000 individus, celui de la Bernache nonnette de 30 000 ;
et que la population européenne de la Bernache cravant ne dépasse pas
20 000 sujets.
La plupart de ces Palmipèdes nichent sur des aires immenses dans les
toundras du Grand Nord où ils sont relativement protégés, du fait de leur
large dispersion et du peu de modifications apportées par l’homme à leur
habitat. Mais tous sont migrateurs et dès la mauvaise saison viennent se
réfugier dans des aires plus méridionales. Au contraire de ce qui se passe
pendant la saison de reproduction, leurs populations se concentrent alors sur
des aires très limitées, utilisées soit comme étapes de migration, soit comme
territoires d’hivernage. Les Canards et les Oies nichant de l’Islande et du
nord de l’Europe jusqu’en Sibérie occidentale viennent ainsi séjourner ou
hiverner dans un certain nombre de zones privilégiées réparties sur l’Europe
occidentale et sur l’Afrique tropicale. Leurs concentrations peuvent alors
être considérables. Aux Pays-Bas, on estime qu’il n’est pas exceptionnel de
trouver de 500 000 à 600 000 oiseaux migrateurs sur les étendues de vases
du Waddensee dans l’île de Vlieland. De très fortes concentrations
s’observent dans la baie de l’Aiguillon, sur la côte de Vendée. Il en est de
