Les quantités de matières solides fines transportées par les eaux
courantes peuvent atteindre couramment 2 à 8 kg/m 3 d’eau. Les sédiments
transportés en un an par le Mississippi ont ainsi maintenant encore un
volume de 300 millions de m 3 .
En Chine, le fleuve Jaune est célèbre par son pouvoir érosif et
l’importance de son débit solide, qui représente en valeur absolue une
moyenne annuelle de 1 890 millions de tonnes (le Rhône n’en transporte
que de 20 à 30 millions). Le débit solide annuel maximal mesuré a été de
2 643 millions de tonnes ; en un seul jour du mois d’août 1933, le fleuve
Jaune a transité à la hauteur de Chancheou plus de 500 millions de tonnes
de boue en suspension. Pour le bassin entier (soit une région grande comme
la France), la dégradation correspondante serait de 18 à 19 t/ha (J.
Messines, C. R., colloque « Conservation et restauration des sols »,
Téhéran, 1960).
Si la Chine détient le record par l’ampleur du phénomène, les
transports sont tout aussi importants en valeur relative dans certaines autres
parties du globe. Aux États-Unis, la dégradation spécifique moyenne est de
6 à 144 t/ha/an dans la région de Los Angeles ; elle est de 36 t/ha/an dans la
vallée d’un affluent du Gange, dans l’Inde ; de 45 à 150 t/ha/an dans divers
bassins du Maghreb ; de 450 t/ha/an dans les bassins supérieurs du Drac et
de la Durance en France ; et de 1 650 à 1 800 t/ha/an dans le Vorarlberg, en
Autriche (sur des surfaces heureusement très circonscrites, de l’ordre de 10
à 40 ha).
En se déposant sur les terres fertiles, ces matériaux sont susceptibles
de ruiner celles-ci en les modifiant entièrement. Si certaines alluvions
déposées en couches minces ont une grande valeur agricole – celles du Nil
par exemple –, beaucoup d’autres sont au contraire très néfastes, ayant
perdu leur structure pédologique et étant constituées par des éléments trop
grossiers, graviers ou blocs de rocher arrachés par les eaux, qui au même
endroit et simultanément enlevaient en passant les matériaux plus fins
faisant la richesse de ces champs disparus sous la pierraille.
Une autre conséquence, qui permet sans doute mieux que toute autre
de mesurer les apports par l’eau, est le comblement des bassins de retenue
aménagés pour l’irrigation, l’industrie hydroélectrique ou la régularisation
du débit des fleuves.
courantes peuvent atteindre couramment 2 à 8 kg/m 3 d’eau. Les sédiments
transportés en un an par le Mississippi ont ainsi maintenant encore un
volume de 300 millions de m 3 .
En Chine, le fleuve Jaune est célèbre par son pouvoir érosif et
l’importance de son débit solide, qui représente en valeur absolue une
moyenne annuelle de 1 890 millions de tonnes (le Rhône n’en transporte
que de 20 à 30 millions). Le débit solide annuel maximal mesuré a été de
2 643 millions de tonnes ; en un seul jour du mois d’août 1933, le fleuve
Jaune a transité à la hauteur de Chancheou plus de 500 millions de tonnes
de boue en suspension. Pour le bassin entier (soit une région grande comme
la France), la dégradation correspondante serait de 18 à 19 t/ha (J.
Messines, C. R., colloque « Conservation et restauration des sols »,
Téhéran, 1960).
Si la Chine détient le record par l’ampleur du phénomène, les
transports sont tout aussi importants en valeur relative dans certaines autres
parties du globe. Aux États-Unis, la dégradation spécifique moyenne est de
6 à 144 t/ha/an dans la région de Los Angeles ; elle est de 36 t/ha/an dans la
vallée d’un affluent du Gange, dans l’Inde ; de 45 à 150 t/ha/an dans divers
bassins du Maghreb ; de 450 t/ha/an dans les bassins supérieurs du Drac et
de la Durance en France ; et de 1 650 à 1 800 t/ha/an dans le Vorarlberg, en
Autriche (sur des surfaces heureusement très circonscrites, de l’ordre de 10
à 40 ha).
En se déposant sur les terres fertiles, ces matériaux sont susceptibles
de ruiner celles-ci en les modifiant entièrement. Si certaines alluvions
déposées en couches minces ont une grande valeur agricole – celles du Nil
par exemple –, beaucoup d’autres sont au contraire très néfastes, ayant
perdu leur structure pédologique et étant constituées par des éléments trop
grossiers, graviers ou blocs de rocher arrachés par les eaux, qui au même
endroit et simultanément enlevaient en passant les matériaux plus fins
faisant la richesse de ces champs disparus sous la pierraille.
Une autre conséquence, qui permet sans doute mieux que toute autre
de mesurer les apports par l’eau, est le comblement des bassins de retenue
aménagés pour l’irrigation, l’industrie hydroélectrique ou la régularisation
du débit des fleuves.
