inondations ont coûté aux États-Unis un prix qui dépasse ce que l’on peut
imaginer : entre 1903 et 1938, les grandes crues ont entraîné des pertes que
Bennett estime à 1 697 507 124 $ (au cours de 1939) auxquels il faut
ajouter le montant des dégâts provoqués aux terres elles-mêmes. La grande
inondation du Mississippi en 1927 s’est étendue sur 75 000 km 2 (plus que
le territoire de la Belgique et des Pays-Bas) et a coûté à elle seule près de
300 millions de dollars.
L’homme n’a bien entendu pas « inventé » les crues des fleuves et les
inondations consécutives, mais il en a accentué l’ampleur, au point d’en
faire de véritables monstruosités dans les régions qu’il a transformées d’une
manière inconsidérée. Ces catastrophes sont aussi à porter au débit de
l’érosion accélérée provoquée par une mauvaise gestion des terres.
Accumulation accélérée de sédiments
Les matériaux arrachés par les cours d’eau au niveau des bassins
supérieurs sont transportés vers l’aval, où ils se déposent en partie, une
fraction plus ou moins importante étant par ailleurs charriée jusque dans la
mer. Cette sédimentation, elle aussi un phénomène naturel, constitue dans
les circonstances normales un facteur de richesse agricole. L’Égypte et les
riches limons déposés par les crues dans la basse vallée du Nil fournissent
le meilleur exemple du pouvoir fertilisant des alluvions amenées par les
fleuves.
Mais à ce processus normal, qui fait partie du cycle des matériaux
constituant les couches les plus superficielles de l’écorce terrestre, s’oppose
l’accumulation disproportionnée des matériaux arrachés par les eaux dans
les zones ayant subi les effets de l’érosion accélérée. Le volume des corps
solides translatés est parfois démesuré, comme le montre la puissance des
dépôts : limons d’inondation, amas de graviers et de blocs rocheux,
comblement des barrages et des réservoirs, alluvionnement des
embouchures, envasement des ports dus à des apports venus de l’intérieur
des terres. Les dommages causés en amont par l’érosion sont ainsi doublés
par ceux que provoque en aval l’accumulation des « décombres » de la
dégradation.
imaginer : entre 1903 et 1938, les grandes crues ont entraîné des pertes que
Bennett estime à 1 697 507 124 $ (au cours de 1939) auxquels il faut
ajouter le montant des dégâts provoqués aux terres elles-mêmes. La grande
inondation du Mississippi en 1927 s’est étendue sur 75 000 km 2 (plus que
le territoire de la Belgique et des Pays-Bas) et a coûté à elle seule près de
300 millions de dollars.
L’homme n’a bien entendu pas « inventé » les crues des fleuves et les
inondations consécutives, mais il en a accentué l’ampleur, au point d’en
faire de véritables monstruosités dans les régions qu’il a transformées d’une
manière inconsidérée. Ces catastrophes sont aussi à porter au débit de
l’érosion accélérée provoquée par une mauvaise gestion des terres.
Accumulation accélérée de sédiments
Les matériaux arrachés par les cours d’eau au niveau des bassins
supérieurs sont transportés vers l’aval, où ils se déposent en partie, une
fraction plus ou moins importante étant par ailleurs charriée jusque dans la
mer. Cette sédimentation, elle aussi un phénomène naturel, constitue dans
les circonstances normales un facteur de richesse agricole. L’Égypte et les
riches limons déposés par les crues dans la basse vallée du Nil fournissent
le meilleur exemple du pouvoir fertilisant des alluvions amenées par les
fleuves.
Mais à ce processus normal, qui fait partie du cycle des matériaux
constituant les couches les plus superficielles de l’écorce terrestre, s’oppose
l’accumulation disproportionnée des matériaux arrachés par les eaux dans
les zones ayant subi les effets de l’érosion accélérée. Le volume des corps
solides translatés est parfois démesuré, comme le montre la puissance des
dépôts : limons d’inondation, amas de graviers et de blocs rocheux,
comblement des barrages et des réservoirs, alluvionnement des
embouchures, envasement des ports dus à des apports venus de l’intérieur
des terres. Les dommages causés en amont par l’érosion sont ainsi doublés
par ceux que provoque en aval l’accumulation des « décombres » de la
dégradation.
