ravagent encore le monde actuel résultent de cet oubli. La faim des hommes
ne sera pas apaisée par le viol de la terre.
7. Érosion et régime des eaux
Il est difficile de donner une idée de la désolation des
régions les plus exposées aux ravages du torrent et de
l’inondation […]. En traversant de tels paysages, il est
difficile de résister à l’impression que la nature a jeté un
sort d’une stérilité et d’une ruine perpétuelles sur ces
déserts sublimes mais effroyables ; il est difficile de croire
qu’ils furent un jour, et seraient encore sans la folie de
l’homme, bénis de tous les avantages naturels que la
Providence a accordés aux régions les plus favorisées.
George P. Marsh
Man and Nature, 1864
Au problème de l’érosion accélérée est intimement lié celui du régime
des eaux, qui se trouve profondément modifié dans les zones dégradées par
l’homme. L’eau est, en valeur absolue, inépuisable à la surface du globe.
Mais entre certaines limites, ce n’est pas tant son abondance que la
régularité de son cycle qui conditionne la fertilité d’une région. Les
civilisations naissent et prospèrent dans un certain sens d’une heureuse
gestion du capital hydrique. Si l’on se rappelle les exemples des grandes
civilisations du Proche-Orient, on constate qu’elles sont nées à la lisière des
déserts, rendus féconds par l’homme grâce à une maîtrise des eaux venues
des montagnes voisines. La ruine de ces civilisations a été en grande partie
déterminée par l’érosion de montagnes ne fonctionnant plus comme
récepteurs et accumulateurs hydrauliques. Les vestiges des grandes villes de
l’Asie occidentale et du nord de l’Afrique le suggèrent d’une manière
péremptoire ; des exemples similaires se retrouvent en Asie orientale et en
Amérique centrale et du Sud.
Ces drames de l’époque historique sont en train de se renouveler sous
nos yeux dans certaines régions du globe, en conséquence de l’érosion
accélérée due à la transformation inconsidérée des biotopes, au déboisement
ne sera pas apaisée par le viol de la terre.
7. Érosion et régime des eaux
Il est difficile de donner une idée de la désolation des
régions les plus exposées aux ravages du torrent et de
l’inondation […]. En traversant de tels paysages, il est
difficile de résister à l’impression que la nature a jeté un
sort d’une stérilité et d’une ruine perpétuelles sur ces
déserts sublimes mais effroyables ; il est difficile de croire
qu’ils furent un jour, et seraient encore sans la folie de
l’homme, bénis de tous les avantages naturels que la
Providence a accordés aux régions les plus favorisées.
George P. Marsh
Man and Nature, 1864
Au problème de l’érosion accélérée est intimement lié celui du régime
des eaux, qui se trouve profondément modifié dans les zones dégradées par
l’homme. L’eau est, en valeur absolue, inépuisable à la surface du globe.
Mais entre certaines limites, ce n’est pas tant son abondance que la
régularité de son cycle qui conditionne la fertilité d’une région. Les
civilisations naissent et prospèrent dans un certain sens d’une heureuse
gestion du capital hydrique. Si l’on se rappelle les exemples des grandes
civilisations du Proche-Orient, on constate qu’elles sont nées à la lisière des
déserts, rendus féconds par l’homme grâce à une maîtrise des eaux venues
des montagnes voisines. La ruine de ces civilisations a été en grande partie
déterminée par l’érosion de montagnes ne fonctionnant plus comme
récepteurs et accumulateurs hydrauliques. Les vestiges des grandes villes de
l’Asie occidentale et du nord de l’Afrique le suggèrent d’une manière
péremptoire ; des exemples similaires se retrouvent en Asie orientale et en
Amérique centrale et du Sud.
Ces drames de l’époque historique sont en train de se renouveler sous
nos yeux dans certaines régions du globe, en conséquence de l’érosion
accélérée due à la transformation inconsidérée des biotopes, au déboisement
