rendement agricole optimal, compte tenu de la nature du sol et des
conditions climatiques.
On maintient par ailleurs des zones couvertes de forêts, naturelles ou
artificielles, pour protéger les bassins supérieurs des cours d’eau. On réalise
ainsi un équilibre agro-sylvo-pastoral, en divisant le territoire en lots dont
chacun a une affectation particulière. Cela revient en somme à rétablir un
semblant d’équilibre naturel entre les formations fermées et les formations
ouvertes, dont certaines sont dévolues à la culture, d’autres à l’élevage, en
fonction de la nature de leur sol et selon une rotation propice à la fois à un
haut rendement agricole et à la conservation des sols. L’homme s’aperçoit
une fois de plus qu’il n’a pas intérêt à briser entièrement les équilibres
naturels, et que la meilleure manière d’assurer une haute productivité est
d’aménager la nature et non pas d’en violer les lois.
Cela est bien entendu valable aussi pour les régions tropicales où des
précautions toutes particulières doivent être prises pour protéger un sol
généreux, mais fragile. Là encore l’homme doit s’inspirer de la nature pour
établir un milieu, artificiel sans doute, mais très complexe, se rapprochant
ou mimant la nature sauvage. La monoculture et la culture industrielle
sonneraient le glas des sols tropicaux qui ne peuvent être protégés que par
des associations végétales complexes et des procédés culturaux adaptés aux
conditions du milieu
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.
Notons enfin que l’homme commence à comprendre que la meilleure
manière de tirer parti de la nature ne consiste pas toujours en un
défrichement et une destruction des habitats naturels, suivis de mise en
culture. Il faut tenir compte de la vocation propre des terrains, et beaucoup
n’ont pas, du moins dans l’état actuel de nos connaissances, de vocation
agricole. Contrairement à ce que l’on a pensé avec grande légèreté, tous les
terrains ne peuvent pas être exploités de la même manière en vue d’une
production agricole déterminée. Les principes de l’utilisation des sols sont
beaucoup plus complexes.
L’agriculture moderne s’est prise pour une industrie ; elle a de ce fait
oublié qu’elle dépendait de phénomènes vitaux, réglés par des lois strictes
et universelles auxquelles l’homme ne peut échapper. Même sa matière
première principale, le sol, est vivante et sujette à des modifications en
grande partie incontrôlables. Les grandes catastrophes qui ont ravagé ou
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