L’homme moderne commit des erreurs tout aussi graves sous les
tropiques, où son irruption bouleversa les structures économiques
existantes. Les cultures vivrières indigènes furent modifiées, parfois d’une
manière heureuse, mais souvent aussi de la manière la plus détestable.
L’instauration dans certaines régions d’une « économie prédatrice » – la
Raubwirtschaft des auteurs allemands – est bien plus grave encore ; après
avoir ravagé la nature sauvage, pillé les forêts et massacré les animaux,
l’homme civilisé voulut aussi violer la terre, avec le seul profit immédiat en
vue. Leurré par le mirage de la richesse des terres chaudes, il installa des
cultures industrielles aux produits destinés à l’exportation, sans aucun profit
pour l’équilibre biologique du pays, auquel aucun élément n’était restitué.
Nous ne pouvons analyser ici les multiples facteurs à l’origine de la
dévastation des terres chaudes par les vastes entreprises qui s’abattirent
avant tout sur l’Afrique
60
, mais également sur l’Amérique latine et le SudEst asiatique. Par ignorance et par cupidité, les plus graves dégradations du
sol en résultèrent immédiatement. La monoculture en fut une des causes les
plus importantes parmi tant d’autres, surtout dans les régions de savanes ou
à la limite savane-forêt. Le Café
61
, l’Hévéa, le Coton, le Thé, furent cultivés
à grande échelle, sur des surfaces sans cesse croissantes. Ailleurs ce fut
l’Arachide
62
, le Tabac, et le Pyrèthre responsable de la dégradation de vastes
superficies en Afrique orientale et au Congo, une des plantes les plus
dangereuses pour les sols qu’elle épuise et laisse sans protection (comme
toutes les cultures sarclées).
Certains vastes projets sont à incriminer en raison de l’ampleur de la
transformation des habitats et de la mécanisation outrancière, conditions
primordiales de leur rentabilité. On citera notamment les plans
d’aménagement du Nyari, au Congo ; de Séfa, en Casamance ; et Ground
nut (= Arachide) Scheme de Tanzanie
63
, un des plus retentissants échecs de
l’après-guerre. On n’a réussi à poursuivre ces projets qu’en changeant
complètement les procédés d’exploitation et en abandonnant leurs buts
premiers, qui n’étaient viables ni économiquement ni « biologiquement ».
Beaucoup serait à dire sur les pratiques culturales, souvent déplorables,
comme le fut en particulier l’arrachage systématique de tous les végétaux
« parasites » dans les plantations de type européen, afin de supprimer la
compétition entre la plante cultivée et les « mauvaises herbes ». On laisse
ainsi le sol à nu sous les plantes cultivées – souvent des arbres ou des
tropiques, où son irruption bouleversa les structures économiques
existantes. Les cultures vivrières indigènes furent modifiées, parfois d’une
manière heureuse, mais souvent aussi de la manière la plus détestable.
L’instauration dans certaines régions d’une « économie prédatrice » – la
Raubwirtschaft des auteurs allemands – est bien plus grave encore ; après
avoir ravagé la nature sauvage, pillé les forêts et massacré les animaux,
l’homme civilisé voulut aussi violer la terre, avec le seul profit immédiat en
vue. Leurré par le mirage de la richesse des terres chaudes, il installa des
cultures industrielles aux produits destinés à l’exportation, sans aucun profit
pour l’équilibre biologique du pays, auquel aucun élément n’était restitué.
Nous ne pouvons analyser ici les multiples facteurs à l’origine de la
dévastation des terres chaudes par les vastes entreprises qui s’abattirent
avant tout sur l’Afrique
60
, mais également sur l’Amérique latine et le SudEst asiatique. Par ignorance et par cupidité, les plus graves dégradations du
sol en résultèrent immédiatement. La monoculture en fut une des causes les
plus importantes parmi tant d’autres, surtout dans les régions de savanes ou
à la limite savane-forêt. Le Café
61
, l’Hévéa, le Coton, le Thé, furent cultivés
à grande échelle, sur des surfaces sans cesse croissantes. Ailleurs ce fut
l’Arachide
62
, le Tabac, et le Pyrèthre responsable de la dégradation de vastes
superficies en Afrique orientale et au Congo, une des plantes les plus
dangereuses pour les sols qu’elle épuise et laisse sans protection (comme
toutes les cultures sarclées).
Certains vastes projets sont à incriminer en raison de l’ampleur de la
transformation des habitats et de la mécanisation outrancière, conditions
primordiales de leur rentabilité. On citera notamment les plans
d’aménagement du Nyari, au Congo ; de Séfa, en Casamance ; et Ground
nut (= Arachide) Scheme de Tanzanie
63
, un des plus retentissants échecs de
l’après-guerre. On n’a réussi à poursuivre ces projets qu’en changeant
complètement les procédés d’exploitation et en abandonnant leurs buts
premiers, qui n’étaient viables ni économiquement ni « biologiquement ».
Beaucoup serait à dire sur les pratiques culturales, souvent déplorables,
comme le fut en particulier l’arrachage systématique de tous les végétaux
« parasites » dans les plantations de type européen, afin de supprimer la
compétition entre la plante cultivée et les « mauvaises herbes ». On laisse
ainsi le sol à nu sous les plantes cultivées – souvent des arbres ou des
