agricole. Simultanément l’homme découvrit la richesse des vastes étendues
herbeuses que sa conquête pacifique ou guerrière lui ouvrait ; il mit au point
le machinisme agricole ; et il se lança dans des cultures industrielles,
abandonnant le vieil artisanat paysan, fruit de longs siècles de
perfectionnement et de traditions, qu’il jugeait inutile ou dépassé. Les sols
de steppe possèdent à l’état naturel une structure se rapprochant de celle des
sols cultivés, alors que les sols forestiers mettent longtemps à l’acquérir.
Aussi les agriculteurs abandonnèrent-ils les procédés conservateurs qui
avaient fait leurs preuves, aucun obstacle pédologique ne venant gêner leur
action. Par ailleurs la machine agricole faisait son apparition, permettant
l’exploitation de vastes surfaces avec une main-d’œuvre spécialisée, mais
réduite, tout comme dans l’industrie ; elle supplante les animaux de trait qui
exigent le maintien de pâturages et de cultures fourragères, créant, avec les
céréales, des ensembles bien équilibrés. Lorsque l’homme découvrit les
possibilités agricoles des vastes étendues steppiques, la culture prit des
proportions industrielles. Cet ensemble de circonstances plus ou moins liées
entre elles aboutit à cette monstruosité écologique : la monoculture, qu’il
faut considérer dans la plupart des cas comme un des fléaux de l’agriculture
moderne, quand on l’envisage dans son contexte économique et politique.
Certes dans l’absolu, et sur un plan strictement biologique, on peut assurer
la pérennité du rendement en ne cultivant qu’une seule plante à condition de
protéger le sol, et de lui restituer les débris de culture (principale source du
maintien du stock de matières organiques) et les éléments enlevés (en y
répandant des engrais appropriés). Mais cela n’est que rarement possible et
de ce fait cette pratique culturale a pour effet d’appauvrir le sol cultivé et de
faire peser toute la pression de la culture sur certains éléments minéraux et
organiques déterminés
57
. La polyculture au contraire, avec son inévitable
corollaire, la rotation des cultures (parmi lesquelles des cultures
enrichissantes, Légumineuses, par exemple), permet d’exploiter à tour de
rôle toutes les possibilités du sol en lui accordant des périodes de repos. De
plus, de nombreuses cultures, notamment celle des céréales, ont le grave
défaut de laisser le sol découvert pendant une bonne partie de l’année, sans
aucune protection végétale contre l’érosion éolienne et hydrique, et
accentuant considérablement le dessèchement de la terre exposée nue au
rayonnement solaire et à l’action du vent. Même pendant le temps de
végétation, la strate unique formée par la plante cultivée n’assure pas une
herbeuses que sa conquête pacifique ou guerrière lui ouvrait ; il mit au point
le machinisme agricole ; et il se lança dans des cultures industrielles,
abandonnant le vieil artisanat paysan, fruit de longs siècles de
perfectionnement et de traditions, qu’il jugeait inutile ou dépassé. Les sols
de steppe possèdent à l’état naturel une structure se rapprochant de celle des
sols cultivés, alors que les sols forestiers mettent longtemps à l’acquérir.
Aussi les agriculteurs abandonnèrent-ils les procédés conservateurs qui
avaient fait leurs preuves, aucun obstacle pédologique ne venant gêner leur
action. Par ailleurs la machine agricole faisait son apparition, permettant
l’exploitation de vastes surfaces avec une main-d’œuvre spécialisée, mais
réduite, tout comme dans l’industrie ; elle supplante les animaux de trait qui
exigent le maintien de pâturages et de cultures fourragères, créant, avec les
céréales, des ensembles bien équilibrés. Lorsque l’homme découvrit les
possibilités agricoles des vastes étendues steppiques, la culture prit des
proportions industrielles. Cet ensemble de circonstances plus ou moins liées
entre elles aboutit à cette monstruosité écologique : la monoculture, qu’il
faut considérer dans la plupart des cas comme un des fléaux de l’agriculture
moderne, quand on l’envisage dans son contexte économique et politique.
Certes dans l’absolu, et sur un plan strictement biologique, on peut assurer
la pérennité du rendement en ne cultivant qu’une seule plante à condition de
protéger le sol, et de lui restituer les débris de culture (principale source du
maintien du stock de matières organiques) et les éléments enlevés (en y
répandant des engrais appropriés). Mais cela n’est que rarement possible et
de ce fait cette pratique culturale a pour effet d’appauvrir le sol cultivé et de
faire peser toute la pression de la culture sur certains éléments minéraux et
organiques déterminés
57
. La polyculture au contraire, avec son inévitable
corollaire, la rotation des cultures (parmi lesquelles des cultures
enrichissantes, Légumineuses, par exemple), permet d’exploiter à tour de
rôle toutes les possibilités du sol en lui accordant des périodes de repos. De
plus, de nombreuses cultures, notamment celle des céréales, ont le grave
défaut de laisser le sol découvert pendant une bonne partie de l’année, sans
aucune protection végétale contre l’érosion éolienne et hydrique, et
accentuant considérablement le dessèchement de la terre exposée nue au
rayonnement solaire et à l’action du vent. Même pendant le temps de
végétation, la strate unique formée par la plante cultivée n’assure pas une
