savanes couvertes à l’origine de formations végétales basses sont cependant
beaucoup plus fragiles que les sols forestiers et exigent de grandes
précautions pour conserver leur fertilité.
Les pays de longue tradition agricole ont su maintenir leur prospérité.
C’est le cas de l’Europe occidentale et moyenne, ainsi d’ailleurs que de
certaines régions asiatiques de basse altitude : en dépit d’une population
depuis longtemps déjà nombreuse, une utilisation savante des terres et de
tous les déchets employés comme engrais et des pratiques culturales qui
s’apparentent au jardinage ont permis d’atteindre des rendements inégalés
dans le monde entier. Dans les rizières, il n’y a d’ailleurs pratiquement
aucune érosion, seules les particules les plus fines étant entraînées par les
eaux à faible débit dans lesquelles elles sont en suspension
56
.
Notons enfin que dans les régions tropicales, tant que la densité de la
population humaine s’est maintenue en dessous d’un certain niveau et tant
qu’il ne s’est agi que d’une économie de subsistance, la culture itinérante a
permis une exploitation agricole satisfaisante et conservatrice, à une
condition : la rotation accélérée des parcelles. Quand le défrichement et la
mise en culture sont suivis d’une période d’exploitation agricole assez
courte pour ne pas épuiser le sol, le couvert naturel se régénère rapidement
et la fertilité retrouve son niveau primitif. Malheureusement le paysan ne
quitte le plus souvent la terre que quand celle-ci est ruinée et il faut alors
des dizaines d’années pour reconstituer une fertilité. Les sols tropicaux sont
dans l’ensemble pauvres et très fragiles en dépit des apparences et de la
luxuriance de la végétation naturelle qui les recouvre parfois. La dispersion
des agrégats et la perte de leurs constituants par l’érosion, surtout par le
ruissellement consécutif aux pluies torrentielles, peuvent ruiner en quelques
années, voire en quelques mois, une structure qui a mis des siècles à se
former. La mise en culture après défrichement puis un long temps de repos
en jachère préservent dans certains cas au moins le sol avant que les
cultures vivrières ne l’aient épuisé ; ce cycle permet la reconstitution du
couvert végétal et de la structure même du sol. Cette pratique culturale s’est
rapidement soldée par des catastrophes dès que la pression démographique
s’est accentuée ; la ruine de diverses régions du globe à fort relief en fut la
triste conséquence.
Des changements profonds ne tardèrent cependant pas à se produire
quand au courant du siècle dernier se dessina une véritable révolution
beaucoup plus fragiles que les sols forestiers et exigent de grandes
précautions pour conserver leur fertilité.
Les pays de longue tradition agricole ont su maintenir leur prospérité.
C’est le cas de l’Europe occidentale et moyenne, ainsi d’ailleurs que de
certaines régions asiatiques de basse altitude : en dépit d’une population
depuis longtemps déjà nombreuse, une utilisation savante des terres et de
tous les déchets employés comme engrais et des pratiques culturales qui
s’apparentent au jardinage ont permis d’atteindre des rendements inégalés
dans le monde entier. Dans les rizières, il n’y a d’ailleurs pratiquement
aucune érosion, seules les particules les plus fines étant entraînées par les
eaux à faible débit dans lesquelles elles sont en suspension
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Notons enfin que dans les régions tropicales, tant que la densité de la
population humaine s’est maintenue en dessous d’un certain niveau et tant
qu’il ne s’est agi que d’une économie de subsistance, la culture itinérante a
permis une exploitation agricole satisfaisante et conservatrice, à une
condition : la rotation accélérée des parcelles. Quand le défrichement et la
mise en culture sont suivis d’une période d’exploitation agricole assez
courte pour ne pas épuiser le sol, le couvert naturel se régénère rapidement
et la fertilité retrouve son niveau primitif. Malheureusement le paysan ne
quitte le plus souvent la terre que quand celle-ci est ruinée et il faut alors
des dizaines d’années pour reconstituer une fertilité. Les sols tropicaux sont
dans l’ensemble pauvres et très fragiles en dépit des apparences et de la
luxuriance de la végétation naturelle qui les recouvre parfois. La dispersion
des agrégats et la perte de leurs constituants par l’érosion, surtout par le
ruissellement consécutif aux pluies torrentielles, peuvent ruiner en quelques
années, voire en quelques mois, une structure qui a mis des siècles à se
former. La mise en culture après défrichement puis un long temps de repos
en jachère préservent dans certains cas au moins le sol avant que les
cultures vivrières ne l’aient épuisé ; ce cycle permet la reconstitution du
couvert végétal et de la structure même du sol. Cette pratique culturale s’est
rapidement soldée par des catastrophes dès que la pression démographique
s’est accentuée ; la ruine de diverses régions du globe à fort relief en fut la
triste conséquence.
Des changements profonds ne tardèrent cependant pas à se produire
quand au courant du siècle dernier se dessina une véritable révolution
