planétaires, qui se répétèrent déjà à plusieurs reprises au cours de la période
historique. Mais l’homme en aggrava les conséquences par les effets d’un
surpâturage devenu traditionnel, encouragé d’abord par les anciennes
puissances colonisatrices, puis par des organismes internationaux et des
œuvres charitables, aussi généreuses que mal informées des pratiques de
l’écologie. Du Sénégal à la mer Rouge, le désert n’est pas loin. Son avance
est un phénomène géologique qui se poursuit comme une lente agonie de
quatre millénaires. Mais les hommes peuvent ralentir ou accélérer le
processus en fonction de leur gestion des sols et des pâturages. Le
mécanisme du cycle infernal a été démontré dans les régions arides du
nord-ouest de l’Inde, d’un équilibre climatique fragile, mais naguère le
siège de civilisations prospères, et jadis nettement plus humides, comme en
témoigne l’analyse paléobotanique. L’atmosphère y a encore une teneur en
vapeur d’eau équivalente à celle des forêts humides des tropiques, et
pourtant les pluies sont rares et mal distribuées dans l’année. Cette situation
s’explique par la densité des poussières en suspension dans l’air, arrachées
par les vents sur des terres soumises à un surpâturage intense. Plus l’homme
appauvrissait la végétation en la livrant à la dent de ses troupeaux, moins il
pleuvait par suite de la modification des conditions atmosphériques et de la
diminution des condensations au niveau du tapis végétal. Le même
enchaînement implacable conduisit les savanes africaines à leur état actuel
en accélérant un processus naturel redoutable. L’homme ne peut être tenu
pour complètement innocent de l’avancée de faux-déserts, du Sénégal à
l’Éthiopie, de l’Arabie à l’Inde (voir notamment R. A. Bryson, in
N. Polunin (dir.), The Environmental Future, Londres, 1972, et CloudsleyThompson, Env. Cons., 1974).
En Afrique, comme dans bien d’autres régions du monde, le problème
de l’exploitation pastorale doit donc être repensé avec beaucoup de soin si
l’on ne veut pas ruiner les terres d’une manière définitive. Les solutions,
adaptées aux conditions écologiques du milieu et aussi à l’ambiance
psychologique des pasteurs, consistent avant tout en une amélioration de la
qualité du bétail, problème auquel se sont attachés les zootechniciens avec
d’indéniables succès ; l’amélioration des pâturages par l’acclimatation de
nouvelles espèces herbacées surtout graminéennes, par la réglementation
des feux courants et de l’ensemble des pratiques pastorales, doit être
poursuivie sans relâche. Il convient surtout de réduire le nombre des
historique. Mais l’homme en aggrava les conséquences par les effets d’un
surpâturage devenu traditionnel, encouragé d’abord par les anciennes
puissances colonisatrices, puis par des organismes internationaux et des
œuvres charitables, aussi généreuses que mal informées des pratiques de
l’écologie. Du Sénégal à la mer Rouge, le désert n’est pas loin. Son avance
est un phénomène géologique qui se poursuit comme une lente agonie de
quatre millénaires. Mais les hommes peuvent ralentir ou accélérer le
processus en fonction de leur gestion des sols et des pâturages. Le
mécanisme du cycle infernal a été démontré dans les régions arides du
nord-ouest de l’Inde, d’un équilibre climatique fragile, mais naguère le
siège de civilisations prospères, et jadis nettement plus humides, comme en
témoigne l’analyse paléobotanique. L’atmosphère y a encore une teneur en
vapeur d’eau équivalente à celle des forêts humides des tropiques, et
pourtant les pluies sont rares et mal distribuées dans l’année. Cette situation
s’explique par la densité des poussières en suspension dans l’air, arrachées
par les vents sur des terres soumises à un surpâturage intense. Plus l’homme
appauvrissait la végétation en la livrant à la dent de ses troupeaux, moins il
pleuvait par suite de la modification des conditions atmosphériques et de la
diminution des condensations au niveau du tapis végétal. Le même
enchaînement implacable conduisit les savanes africaines à leur état actuel
en accélérant un processus naturel redoutable. L’homme ne peut être tenu
pour complètement innocent de l’avancée de faux-déserts, du Sénégal à
l’Éthiopie, de l’Arabie à l’Inde (voir notamment R. A. Bryson, in
N. Polunin (dir.), The Environmental Future, Londres, 1972, et CloudsleyThompson, Env. Cons., 1974).
En Afrique, comme dans bien d’autres régions du monde, le problème
de l’exploitation pastorale doit donc être repensé avec beaucoup de soin si
l’on ne veut pas ruiner les terres d’une manière définitive. Les solutions,
adaptées aux conditions écologiques du milieu et aussi à l’ambiance
psychologique des pasteurs, consistent avant tout en une amélioration de la
qualité du bétail, problème auquel se sont attachés les zootechniciens avec
d’indéniables succès ; l’amélioration des pâturages par l’acclimatation de
nouvelles espèces herbacées surtout graminéennes, par la réglementation
des feux courants et de l’ensemble des pratiques pastorales, doit être
poursuivie sans relâche. Il convient surtout de réduire le nombre des
