numérique du bétail. Mais si l’eau était moins rare, la nourriture restait au
même niveau, et constituait encore un facteur limitant vis-à-vis d’une
population d’herbivores devenue trop importante. Le même déséquilibre
existe d’ailleurs en ce qui concerne les grands mammifères sauvages en un
certain nombre de réserves, où l’on a créé artificiellement des retenues
d’eau par barrages. Un plus grand nombre d’animaux boit à satiété, mais ne
peut trouver à s’alimenter, ce qui limite toujours leur nombre, en
augmentant la pression sur les pâturages. La création de points d’eau n’est
justifiée que dans les seules régions où la quantité de ce précieux liquide est
vraiment le facteur limitant, et ce n’est que rarement le cas ; quantité d’eau
et quantité de nourriture sont toujours liées, sauf dans des cas particuliers.
Les exemples de surpâturage pourraient être multipliés à travers toute
l’Afrique. Au Kenya, on estimait que la région du Suk pouvait supporter
20 000 têtes ; or en 1935 déjà, il y avait 38 000 Bovins, et 150 000 Ovins et
Caprins. Dans la région de Machakos, au sud-est de Nairobi, il y avait un
Bovin et deux Chèvres à l’hectare, alors que 20 ha de pâturage auraient été
nécessaires pour les nourrir. L’ensemble des territoires occupés par les
Masaï présente d’incontestables signes d’érosion due au surpâturage,
consécutif aux changements dans le genre de vie de ces pasteurs. Rien
qu’au Kenya, en 1961 les Masaï possédaient 973 000 têtes de Bovins,
660 000 Chèvres et Moutons et un très grand nombre d’Ânes ; la sécheresse
accentuée qui sévit cette année-là en tua les trois cinquièmes d’après
certaines statistiques.
La situation est au moins aussi grave dans certaines parties de la
République d’Afrique du Sud, où notamment les native reserves sont très
sévèrement érodées par suite d’une mauvaise gestion pastorale, entre autres
une surcharge en Chèvres et en Moutons. Dans certains territoires, on
estime que 75 % de la surface du sol sont affectés par l’érosion consécutive.
Depuis quelques années, l’opinion publique mondiale s’émeut des
tragiques conséquences de la sécheresse à travers les savanes sahélosoudaniennes qui s’étirent du Sénégal à l’Éthiopie. Inutile de rappeler les
pertes subies par les pasteurs, dont les troupeaux sont réduits de 60 %,
parfois de plus, et les conséquences socio-économiques parmi lesquelles le
reflux des populations vers le sud, le plus souvent vers des villes où elles
sont parquées dans des camps de réfugiés ou des bidonvilles. Bien sûr il
s’agit d’un événement naturel provoqué par des anomalies climatiques
même niveau, et constituait encore un facteur limitant vis-à-vis d’une
population d’herbivores devenue trop importante. Le même déséquilibre
existe d’ailleurs en ce qui concerne les grands mammifères sauvages en un
certain nombre de réserves, où l’on a créé artificiellement des retenues
d’eau par barrages. Un plus grand nombre d’animaux boit à satiété, mais ne
peut trouver à s’alimenter, ce qui limite toujours leur nombre, en
augmentant la pression sur les pâturages. La création de points d’eau n’est
justifiée que dans les seules régions où la quantité de ce précieux liquide est
vraiment le facteur limitant, et ce n’est que rarement le cas ; quantité d’eau
et quantité de nourriture sont toujours liées, sauf dans des cas particuliers.
Les exemples de surpâturage pourraient être multipliés à travers toute
l’Afrique. Au Kenya, on estimait que la région du Suk pouvait supporter
20 000 têtes ; or en 1935 déjà, il y avait 38 000 Bovins, et 150 000 Ovins et
Caprins. Dans la région de Machakos, au sud-est de Nairobi, il y avait un
Bovin et deux Chèvres à l’hectare, alors que 20 ha de pâturage auraient été
nécessaires pour les nourrir. L’ensemble des territoires occupés par les
Masaï présente d’incontestables signes d’érosion due au surpâturage,
consécutif aux changements dans le genre de vie de ces pasteurs. Rien
qu’au Kenya, en 1961 les Masaï possédaient 973 000 têtes de Bovins,
660 000 Chèvres et Moutons et un très grand nombre d’Ânes ; la sécheresse
accentuée qui sévit cette année-là en tua les trois cinquièmes d’après
certaines statistiques.
La situation est au moins aussi grave dans certaines parties de la
République d’Afrique du Sud, où notamment les native reserves sont très
sévèrement érodées par suite d’une mauvaise gestion pastorale, entre autres
une surcharge en Chèvres et en Moutons. Dans certains territoires, on
estime que 75 % de la surface du sol sont affectés par l’érosion consécutive.
Depuis quelques années, l’opinion publique mondiale s’émeut des
tragiques conséquences de la sécheresse à travers les savanes sahélosoudaniennes qui s’étirent du Sénégal à l’Éthiopie. Inutile de rappeler les
pertes subies par les pasteurs, dont les troupeaux sont réduits de 60 %,
parfois de plus, et les conséquences socio-économiques parmi lesquelles le
reflux des populations vers le sud, le plus souvent vers des villes où elles
sont parquées dans des camps de réfugiés ou des bidonvilles. Bien sûr il
s’agit d’un événement naturel provoqué par des anomalies climatiques
