66 millions d’unités-moutons. Or la surface totale des terrains de parcours
est de 40 millions d’hectares, auxquels s’ajoutent 12 millions d’hectares de
pâturages forestiers. Comme il faut 2 ha pour nourrir un Mouton par an, la
capacité-limite est donc de 26 millions de Moutons, soit bien moins de la
moitié du cheptel exploitant actuellement ces territoires. Des raisons
administratives, sociales et économiques (traditions tribales, besoins
croissants en bétail) font qu’il est impossible de réduire le nombre
d’animaux utilisant le couvert végétal, qui se trouve donc soumis au
surpâturage (Golesorkhi, colloque « Conservation et restauration des sols »,
Téhéran, 1960).
Dans l’Inde, entre 1900 et 1940, le nombre de têtes de bétail passa de
84 millions à 147 millions, alors que simultanément les terrains de pâture
diminuaient de quelque 19 millions d’hectares (Abeywickama 1963). La
forêt de Gir, qui pourtant bénéficie du statut de réserve du fait de la
présence du Lion d’Asie, est peuplée de 55 000 têtes de bétail (peut-être
plus), alors que la capacité-limite n’est que de 5 000 (un des grands
problèmes des réserves indiennes provient d’ailleurs de leur envahissement
par le bétail domestique).
L’Afrique peut elle aussi être citée comme exemple d’une mauvaise
utilisation pastorale de ses habitats ouverts, entre autres dans sa partie
orientale. Tant bien que mal, le milieu naturel jouissait avant la colonisation
d’un relatif équilibre avec les animaux d’élevage ; leur nombre se trouvait
limité par les épizooties, notamment les trypanosomiases rendant l’élevage
précaire dans des aires immenses, vastes réserves naturelles ainsi protégées
par les Tsé-tsé
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. La colonisation européenne a changé cet état de choses, ce
qui, joint à l’augmentation de la population autochtone, a entraîné une
prolifération excessive des troupeaux et une surcharge des pâturages, eux
aussi soumis à des variations climatiques très importantes, principalement à
des sécheresses prononcées. Le surpâturage, avec tout son cortège de
facteurs d’érosion, a un peu partout produit une réduction de la valeur et de
l’étendue des pâtures. La multiplication artificielle des points d’eau a été à
elle seule une cause de déséquilibre profond. Jusqu’à des temps très récents,
le nombre d’abreuvoirs disponibles en saison sèche limitait strictement
l’importance des troupeaux. Les services compétents des puissances
colonisatrices se sont efforcés alors de creuser de nouveaux puits,
augmentant ainsi les ressources hydriques et permettant une augmentation
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