est à vrai dire « la fille d’une mauvaise utilisation des sols, en même temps
qu’elle est la mère d’une érosion accélérée ». Dans de nombreuses régions
du globe, les pasteurs ont d’abord élevé des Bovins, puis au fur et à mesure
que le pays se modifiait sous l’effet d’une mauvaise exploitation des terres,
ils les remplacèrent par des Moutons ; quand ceux-ci ne purent plus
subsister en raison d’une nouvelle aggravation artificiellement provoquée
des conditions du milieu, il ne resta plus que le Caprin. Il est facile de
s’apitoyer sur le sort des malheureux éleveurs auxquels il ne reste que
« quelques pauvres chèvres », hormis dans certaines régions naturellement
pauvres où cet animal représente réellement la seule utilisation possible du
couvert végétal. Partout ailleurs, cet animal enlève au contraire toute chance
de régénération à la végétation. Après la Chèvre il n’y a plus rien ; quand
elle meurt de faim, l’homme meurt avec elle. Une utilisation des ressources
du sol basée sur la Chèvre représente indiscutablement un des meilleurs
exemples d’autodestruction des habitats que l’on puisse imaginer en dépit
de toutes les apparences, surtout dès que le nombre des Caprins dépasse la
capacité-limite, ce qui est presque toujours le cas dans les zones à climat
extrême ou ruinées par suite de l’action de l’homme.
Quelques exemples de surpâturage
Le surpâturage s’est fait sentir dans plusieurs régions du globe
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. C’est
sans doute dans la région méditerranéenne qu’il est le plus anciennement
connu, ses effets venant s’ajouter à ceux du déboisement et d’une mauvaise
gestion agricole. L’extension des pacages s’y est faite au détriment de la
forêt qui protégeait encore les pentes supérieures des massifs montagneux
et où les pasteurs envoyaient en transhumance des troupeaux trop nombreux
pour leur habitat. En France, on citera notamment le cas du mont Aigoual
dévasté par les industries utilisant le charbon de bois, et dont le reboisement
fut empêché pendant longtemps par les abus de pastoralisme. En Espagne,
les éleveurs groupés en une puissante corporation favorisée par le pouvoir
central au détriment des agriculteurs, la Mesta, imposèrent leur loi pendant
des siècles ; les bergers avaient même le droit de faire passer leurs
troupeaux à travers les cultures au cours de vastes transhumances groupant
des millions de moutons. La nudité des plateaux ibériques, en particulier en
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