être le siège de phénomènes d’érosion, surtout de ravinements qui
s’étendent rapidement sur les terrains avoisinants. On trouve aussi bien en
Afrique qu’en Amérique de véritables gorges, profondes de quelque 10 m,
qui étaient à l’origine de simples sentiers empruntés par le bétail. En
cheminant toujours par la même trace, celui-ci a déterminé un petit ravin
par lequel l’eau s’est ensuite engouffrée. L’action combinée du broutage et
du piétinement entraîne une diminution sensible de la masse de matière
verte. Le taux de recouvrement du sol diminue (pour le Tchad, Gillet (1960)
cite un abaissement de 40-50 % à 20 %), le tapis végétal se clarifie. Les
plantes deviennent chétives, leur taille étant souvent réduite de moitié, et ne
parviennent plus à un développement complet.
À ces effets quantitatifs viennent s’ajouter des effets qualitatifs,
entraînant la transformation des habitats, avant tout celle de la composition
de la végétation. Le prélèvement des végétaux par les herbivores est
toujours sélectif en raison des préférences alimentaires des animaux. Les
plantes dédaignées, en particulier celles qui contiennent des principes
vénéneux ou celles qui sont dures ou piquantes, prennent ainsi le dessus. Le
surpâturage occasionne de profonds remaniements dans les associations
végétales, et un appauvrissement de la flore par diminution du nombre des
espèces. Dans l’ensemble les plantes vivaces sont éliminées au profit des
plantes annuelles à court cycle de végétation, ce qui sur le plan strictement
écologique traduit toujours un appauvrissement du milieu
48
. De plus les
plantes annuelles, par suite de leurs caractéristiques biologiques et
notamment de leur appareil radiculaire moins développé, protègent moins
bien le sol contre l’érosion hydrique
49
.
On notera que les terres surexploitées par un pâturage abusif sont
également sujettes à de graves déséquilibres dans leur peuplement animal,
notamment en ce qui concerne les Mammifères de petite taille considérés
comme nuisibles ; leur impact dans le milieu conduit à une nouvelle
aggravation du mal. Bien que l’on ait souvent tendance à croire que leur
pullulation est responsable de la dégradation du milieu, la prolifération de
ces « pestes » est en réalité déterminée par la modification de la
composition du couvert végétal et du déséquilibre de tout l’écosystème. Les
spécialistes nord-américains expliquent ainsi la pullulation des Ratskangourous (Dipodomys), des Lièvres (Lepus) et des Écureuils terrestres
s’étendent rapidement sur les terrains avoisinants. On trouve aussi bien en
Afrique qu’en Amérique de véritables gorges, profondes de quelque 10 m,
qui étaient à l’origine de simples sentiers empruntés par le bétail. En
cheminant toujours par la même trace, celui-ci a déterminé un petit ravin
par lequel l’eau s’est ensuite engouffrée. L’action combinée du broutage et
du piétinement entraîne une diminution sensible de la masse de matière
verte. Le taux de recouvrement du sol diminue (pour le Tchad, Gillet (1960)
cite un abaissement de 40-50 % à 20 %), le tapis végétal se clarifie. Les
plantes deviennent chétives, leur taille étant souvent réduite de moitié, et ne
parviennent plus à un développement complet.
À ces effets quantitatifs viennent s’ajouter des effets qualitatifs,
entraînant la transformation des habitats, avant tout celle de la composition
de la végétation. Le prélèvement des végétaux par les herbivores est
toujours sélectif en raison des préférences alimentaires des animaux. Les
plantes dédaignées, en particulier celles qui contiennent des principes
vénéneux ou celles qui sont dures ou piquantes, prennent ainsi le dessus. Le
surpâturage occasionne de profonds remaniements dans les associations
végétales, et un appauvrissement de la flore par diminution du nombre des
espèces. Dans l’ensemble les plantes vivaces sont éliminées au profit des
plantes annuelles à court cycle de végétation, ce qui sur le plan strictement
écologique traduit toujours un appauvrissement du milieu
48
. De plus les
plantes annuelles, par suite de leurs caractéristiques biologiques et
notamment de leur appareil radiculaire moins développé, protègent moins
bien le sol contre l’érosion hydrique
49
.
On notera que les terres surexploitées par un pâturage abusif sont
également sujettes à de graves déséquilibres dans leur peuplement animal,
notamment en ce qui concerne les Mammifères de petite taille considérés
comme nuisibles ; leur impact dans le milieu conduit à une nouvelle
aggravation du mal. Bien que l’on ait souvent tendance à croire que leur
pullulation est responsable de la dégradation du milieu, la prolifération de
ces « pestes » est en réalité déterminée par la modification de la
composition du couvert végétal et du déséquilibre de tout l’écosystème. Les
spécialistes nord-américains expliquent ainsi la pullulation des Ratskangourous (Dipodomys), des Lièvres (Lepus) et des Écureuils terrestres
