d’autant plus grave que les animaux domestiques, surtout les Chèvres, sont
souvent plus déprédateurs que les Ongulés sauvages.
Avant que ne se manifeste l’influence européenne, la plupart des tribus
pastorales, en particulier en Afrique, voyaient leur bétail régi par les lois
écologiques générales, les facteurs en jeu étant les mêmes que dans le cas
des animaux sauvages. Le nombre de têtes de bétail était limité par la
capacité-limite des pâturages, le nomadisme freinait leur surexploitation ;
mais déjà se manifestaient des signes d’érosion et une influence profonde
des pasteurs sur l’ensemble des habitats. La civilisation européenne, avec
ses incontestables bienfaits, a apporté à ces peuples la sécurité tandis que
les vaccins préservaient leurs troupeaux des épizooties. Les Vaches restent
squelettiques, en dépit des améliorations dues aux savants progrès de la
zootechnie, mais ne meurent plus de maladies. Ces mesures sociales,
politiques et sanitaires ont eu pour effet de multiplier progressivement le
nombre de têtes de bétail et de provoquer le dépassement de la capacitélimite des pâturages.
Les populations humaines augmentaient simultanément, et c’est encore
dans le contexte d’une courbe démographique rapidement ascendante qu’il
faut placer le problème du surpâturage devenu préoccupant dans la quasitotalité du monde, à l’exception sans doute des zones tempérées humides.
Modes d’action du surpâturage
L’érosion due au surpâturage résulte avant tout du broutage lui-même.
Quand les animaux sont trop nombreux, ils entraînent une dénudation
accentuée du biotope, en enlevant plus que la repousse naturelle dans un
laps de temps déterminé par le rythme de pâture. Au lieu d’exploiter la
poussée de la plante, en quelque sorte son « intérêt », l’herbivore
consomme la plante elle-même, c’est-à-dire le capital.
À côté du broutage, le piétinement par les troupeaux constitue lui aussi
une cause importante de destruction des pâturages. Maintenu sur des aires
limitées, le bétail écrase le couvert végétal et le tranche au ras du sol avec
ses sabots relativement coupants. La végétation disparaît ainsi
progressivement, surtout au niveau des pistes et des abreuvoirs, et aux
environs des kraals où le bétail est parqué la nuit. Ces lieux ne tardent pas à
souvent plus déprédateurs que les Ongulés sauvages.
Avant que ne se manifeste l’influence européenne, la plupart des tribus
pastorales, en particulier en Afrique, voyaient leur bétail régi par les lois
écologiques générales, les facteurs en jeu étant les mêmes que dans le cas
des animaux sauvages. Le nombre de têtes de bétail était limité par la
capacité-limite des pâturages, le nomadisme freinait leur surexploitation ;
mais déjà se manifestaient des signes d’érosion et une influence profonde
des pasteurs sur l’ensemble des habitats. La civilisation européenne, avec
ses incontestables bienfaits, a apporté à ces peuples la sécurité tandis que
les vaccins préservaient leurs troupeaux des épizooties. Les Vaches restent
squelettiques, en dépit des améliorations dues aux savants progrès de la
zootechnie, mais ne meurent plus de maladies. Ces mesures sociales,
politiques et sanitaires ont eu pour effet de multiplier progressivement le
nombre de têtes de bétail et de provoquer le dépassement de la capacitélimite des pâturages.
Les populations humaines augmentaient simultanément, et c’est encore
dans le contexte d’une courbe démographique rapidement ascendante qu’il
faut placer le problème du surpâturage devenu préoccupant dans la quasitotalité du monde, à l’exception sans doute des zones tempérées humides.
Modes d’action du surpâturage
L’érosion due au surpâturage résulte avant tout du broutage lui-même.
Quand les animaux sont trop nombreux, ils entraînent une dénudation
accentuée du biotope, en enlevant plus que la repousse naturelle dans un
laps de temps déterminé par le rythme de pâture. Au lieu d’exploiter la
poussée de la plante, en quelque sorte son « intérêt », l’herbivore
consomme la plante elle-même, c’est-à-dire le capital.
À côté du broutage, le piétinement par les troupeaux constitue lui aussi
une cause importante de destruction des pâturages. Maintenu sur des aires
limitées, le bétail écrase le couvert végétal et le tranche au ras du sol avec
ses sabots relativement coupants. La végétation disparaît ainsi
progressivement, surtout au niveau des pistes et des abreuvoirs, et aux
environs des kraals où le bétail est parqué la nuit. Ces lieux ne tardent pas à
