The Fate of Arcadia
Pour mettre à profit les ressources des associations graminéennes et
herbacées, l’homme est obligé de passer par des intermédiaires herbivores,
utilisateurs du couvert végétal. Il remonte ainsi d’un échelon dans la
pyramide alimentaire et se comporte comme un carnivore prédateur, en se
nourrissant de la chair et du lait des animaux domestiques et en utilisant
leurs dépouilles.
Si l’élevage constitue une très importante source d’aliments pour
l’humanité en permettant l’utilisation de zones marginales impropres à toute
autre exploitation, il peut être aussi à l’origine de graves dégradations des
sols. Une étendue donnée n’est en effet capable de nourrir qu’un nombre
déterminé d’herbivores en fonction de la nature du sol, du climat et de la
composition de la végétation, la vitesse de régénération du tapis végétal
devant s’équilibrer avec la vitesse à laquelle pâture le bétail
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. Cette notion
définit la capacité limite du terrain. Si celle-ci est dépassée, il y a
appauvrissement de la végétation et dégradation du sol qui n’est plus
protégé par un couvert végétal suffisant. Le processus va d’ailleurs en
s’accélérant, car au fur et à mesure que se dégrade le sol sa capacité limite
diminue, et l’écart entre la charge en animaux déprédateurs et celle
supportable par le terrain augmente en progression rapide.
Il n’est bien entendu pas question de condamner l’élevage, mais
uniquement son excès, le surpâturage, c’est-à-dire l’utilisation abusive des
associations graminéennes qui se manifeste actuellement un peu partout à
travers le monde, surtout dans la région méditerranéenne, en Amérique du
Nord et dans les régions intertropicales, principalement en Afrique.
Il est bien évident que la charge en bétail que peut supporter un
pâturage est éminemment variable. Les terrains de parcours arides de
l’ouest des États-Unis et ceux de l’Afrique tropicale, où la saison sèche
constitue le facteur limite, sont bien différents à ce point de vue des prairies
de la zone tempérée où l’eau est toujours assez abondante pour assurer la
régénération du couvert végétal.
Voici à titre d’indication les capacités limites de quelques pâturages à
travers le monde.
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