avec l’usage de feux de brousse a mené à la constitution d’étendues
graminéennes stables, couvertes de plantes pérennes protégeant bien le sol
et assurant un fourrage adéquat. De tels faits, en rapport avec la nature du
sol et la composition de la flore dans cette partie de l’Afrique, expliquent
les divergences d’opinions des biologistes d’Afrique du Sud par rapport à
d’autres chercheurs ayant travaillé en Afrique occidentale.
La nocivité des incendies dépend également dans une large mesure des
conditions dans lesquelles ils sont pratiqués. Diverses mesures ont été
proposées pour limiter leurs préjudices en Afrique tropicale.
Les unes consistent en feux préventifs allumés à bon escient par les
services d’agriculture, au lieu de laisser faire les pasteurs qui déclenchent
souvent des feux de brousse à des époques défavorables. L’action des
brûlages dépend dans une mesure certaine de l’époque à laquelle ils sont
pratiqués, les feux précoces étant à certains points de vue moins nuisibles
selon quelques agronomes (d’autres y sont au contraire farouchement
opposés !)
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.
D’autres mesures reposent sur une connaissance précise de la vocation
des terres. La pratique des feux de brousse est sans aucun doute toujours
condamnable sur un plan strictement scientifique, du fait des changements
très profonds dans l’équilibre naturel d’une région : transformation des
habitats fermés en habitats ouverts, destruction des formations climax. Elle
l’est aussi pour le forestier en entraînant progressivement la disparition de
la forêt. Elle l’est encore aux yeux de l’agronome chaque fois qu’elle
engendre une association végétale dégradée, impropre même à la pâture
rationnelle du bétail, surtout quand aux effets de l’incendie viennent
s’ajouter d’autres facteurs d’érosion accélérée.
Mais la pratique des feux de brousse, que l’on doit considérer
également comme un facteur d’aménagement du milieu, ne doit pas être
condamnée d’une manière systématique. Dans certaines parties de l’Afrique
orientale et australe par exemple, elle a conduit à l’établissement de terrains
de parcours stables, éminemment favorables au bétail par l’excellence des
Graminées qui les constituent et bien protégés contre l’érosion, sauf en cas
d’accidents secondaires.
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