grisâtre de poussière », par suite de « l’œuvre persévérante de deux fléaux,
le défricheur et le feu » (Aubréville, 1949).
Le feu courant a ainsi été un puissant facteur de transformation et de
péjoration des habitats naturels en Afrique et à Madagascar (où cette
méthode désastreuse provoque une grave régression des prairies, en
entraînant l’appauvrissement de la végétation, le durcissement des terres et
leur érosion accélérée). Il en est de même dans d’autres parties du monde
où les pasteurs ont employé des procédés identiques dans les terrains de
parcours de leurs troupeaux (notamment dans la région méditerranéenne, en
Amérique du Nord, dans une partie de l’Amérique du Sud (Venezuela,
hautes Andes) et dans le sud-est de l’Asie)
44
.
La plupart de ceux qui se préoccupent de conservation de la nature et
de ses ressources sont donc opposés aux feux de brousse. Il convient
cependant d’entendre les arguments des pasteurs qui semblent tirer profit de
ces feux. Il est incontestable que ceux-ci ont pour effet de maintenir et de
développer un couvert graminéen important, en détruisant des buissons ne
convenant pas au bétail domestique, surtout brouteur de plantes herbacées.
La disparition des peuplements arbustifs est profitable au rendement
pastoral du territoire si celui-ci est constitué par des herbages
45
.
On a également fait remarquer que les terrains parsemés de
broussailles sont plus érodés que des pâturages plus homogènes. Dans les
biotopes mixtes, les Bovins ont tendance à se masser dans les zones les plus
favorables et à éviter les autres. Il se produit de ce fait même des érosions
dues à une surcharge locale, à l’origine de la ruine de tout le pays.
L’action du feu peut incontestablement mener dans certains cas à des
habitats stables hautement profitables à l’homme et à ses animaux
domestiques ; il s’assimile alors à une pratique de conservation. Alors que
souvent le feu est à l’origine d’associations herbacées composées de
Graminées dures et rêches, on a observé que dans certaines parties du veld
d’Afrique du Sud, l’action du feu mène à une association graminéenne à
Themeda triandra, excellent pâturage apprécié du bétail. Sans doute celle-ci
s’étend maintenant sur des terrains dont le climax se caractérise par des
habitats plus fermés ; mais l’association stable résultant de l’action du feu
protège le sol et permet une exploitation agricole prospère. Il en est de
même de certaines régions d’Afrique orientale, notamment au Congo et au
Kenya : dans une partie des plaines Masaï, une pâture raisonnable combinée
le défricheur et le feu » (Aubréville, 1949).
Le feu courant a ainsi été un puissant facteur de transformation et de
péjoration des habitats naturels en Afrique et à Madagascar (où cette
méthode désastreuse provoque une grave régression des prairies, en
entraînant l’appauvrissement de la végétation, le durcissement des terres et
leur érosion accélérée). Il en est de même dans d’autres parties du monde
où les pasteurs ont employé des procédés identiques dans les terrains de
parcours de leurs troupeaux (notamment dans la région méditerranéenne, en
Amérique du Nord, dans une partie de l’Amérique du Sud (Venezuela,
hautes Andes) et dans le sud-est de l’Asie)
44
.
La plupart de ceux qui se préoccupent de conservation de la nature et
de ses ressources sont donc opposés aux feux de brousse. Il convient
cependant d’entendre les arguments des pasteurs qui semblent tirer profit de
ces feux. Il est incontestable que ceux-ci ont pour effet de maintenir et de
développer un couvert graminéen important, en détruisant des buissons ne
convenant pas au bétail domestique, surtout brouteur de plantes herbacées.
La disparition des peuplements arbustifs est profitable au rendement
pastoral du territoire si celui-ci est constitué par des herbages
45
.
On a également fait remarquer que les terrains parsemés de
broussailles sont plus érodés que des pâturages plus homogènes. Dans les
biotopes mixtes, les Bovins ont tendance à se masser dans les zones les plus
favorables et à éviter les autres. Il se produit de ce fait même des érosions
dues à une surcharge locale, à l’origine de la ruine de tout le pays.
L’action du feu peut incontestablement mener dans certains cas à des
habitats stables hautement profitables à l’homme et à ses animaux
domestiques ; il s’assimile alors à une pratique de conservation. Alors que
souvent le feu est à l’origine d’associations herbacées composées de
Graminées dures et rêches, on a observé que dans certaines parties du veld
d’Afrique du Sud, l’action du feu mène à une association graminéenne à
Themeda triandra, excellent pâturage apprécié du bétail. Sans doute celle-ci
s’étend maintenant sur des terrains dont le climax se caractérise par des
habitats plus fermés ; mais l’association stable résultant de l’action du feu
protège le sol et permet une exploitation agricole prospère. Il en est de
même de certaines régions d’Afrique orientale, notamment au Congo et au
Kenya : dans une partie des plaines Masaï, une pâture raisonnable combinée
